leffondras

Il est difficile de trouver des informations concrètes à propos du trio de rock lyonnais . Effectivement, avec un nom pareil, on tombe plus souvent sur la page wikipedia de ce symbole utilisé en astronomie pour représenter le soleil (d’ailleurs présent sur la pochette de l’album chroniqué), ou sur des sites franchement plus étranges. Pourtant, une fois qu’on cherchera à en savoir plus sur L’Effondras, on tombe immédiatement sur une palanquée d’articles dithyrambiques et sur la page de l’excellent label Dur & Doux.

Pourtant, les guitaristes Pierre Lejeune et Pierre Josserand et le batteur Nicolas Bernollin n’évoluent pas dans la même cour. La musique de ce que nous appelleront L’Effondras (ce qui est tout de même bien plus classe que « o avec un point au milieu ») se veut beaucoup plus lourde, inquiétante et prenante, lorgnant davantage du côté d’un Post-Rock ténébreux et habité. En témoigne un duo de guitare absolument fantastique, se répondant et se complétant efficacement, et des percussions titanesques, lorgnant du côté le plus brut de ce que nous appelons par défaut post-rock. On notera également la présence de Niko Wenner, habitué du rock impopulaire car ayant officié chez Oxbow, God et Swell. Ce dernier assure le piano sur le déchaîné « La Fille aux Yeux Orange ».

L’Effondras se présente donc comme un roc de plus d’une heure, forcément très homogène mais dont les morceaux, assez longs, invitent à la perdition : On retrouve du blues cosmique, du post-rock ténébreux, des guitares parfois carrément doom et même quelques instants de grâce, ou les musiciens dégagent une puissance mélodique insoupçonnée. On retrouve même un peu tout ça dans la grosse claque « Caput Corvi », morceau titanesque s’étendant sur plus de 20 minutes, divisé en deux segments, et parfaitement torché. Et si la fin de l’album, avec son « Aure Des Comètes » se terminant brusquement, pourra frustrer, on pourra compter sur une bonne vieille hidden track des familles pour se faire saigner les tympans.

Évidemment, de par la longueur de ses morceaux et son côté très contemplatif, L’Effondras ne fera pas partie des grosses marades pour rockeurs dont la première écoute scelle le destin. Il faudra forcément un peu de temps pour se laisser envahir par sa puissance brute, mais la récompense en vaut la peine. L’Effondras est un album magnifique, une petite mandale dans la face. Ça tombe bien, la bande tourne dans ton coin cet automne pour défendre un 45 tours sorti en début d’année, et à ce qu’il parait, ça brise des nuques en live. T’es parti.

(NB : En fait, un nouveau format court, Je Reste Avec Vous / Lemures, est sorti depuis l’écriture de cette chronique, et c’est une autre tuerie totale. Un nouvel album est par ailleurs attendu pour bientôt!)