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Outre que le groupe de l’ex-meuf du batteur des Melvins, Acid King est depuis quelques années le groupe qui tous les deux ans te fait passer un des plus beaux moments de repos du Hellfest, allongé dans l’herbe, les yeux fermés ou à peine entrouverts pour mater les belles paires de fesses (mâles ou femelles, ne nous emportons pas sur une histoire de sexisme) t’enjambant difficilement. Et on a beau chaque fois essayer de tenir debout, c’est libéré du poids de son corps que s’apprécie au mieux la musique de ce groupe plus ou moins culte de la scène stoner américaine des 90’s.

Il est alors un peu traître vis à vis de notre rituel festivalier que d’écouter à la maison une galette d’Acid King, qui plus est sortie en 2015, soit 10 ans après la précédente. Pour ne rien arranger, la musique du trio est tout ce qu’il y a de plus classique dans le genre, et Middle Of Nowhere, Center Of Everywhere ne crée d’ailleurs aucune surprise au rayon débauchage de fuzz sur ampli Marshall. Cependant, cet album se révèle être un merveilleux passe temps pour s’englober de son, un peu distrait, et songer à des choses aussi importantes qu’un moyen de ridiculiser une nouvelle fois ton stagiaire préféré ou tes prochaines vacances d’été.

Bien que découpé en huit morceaux, ce quatrième disque d’Acid King se vit, et est interprété, comme une grande divagation opiacée et désertique. La production sonne de façon opportune très live (merveilleux son de batterie) et permet aux morceaux de respirer pleinement pour trouver dans la longueur d’inattendus seconds souffles. Au dessus de la masse, l’irréprochable Lori S. nous gratifie alors mieux que tout le monde de mélodies vocales doomisantes qui rehaussent hautement le niveau de chaque morceau, permettant de graver un tant soit peu l’empreinte du disque dans ta mémoire 2.0. Quand elle mène la guerre sur Coming Down From Outer Space et Red River, on est de tout feu avec elle. À l’inverse, on frissonne quand elle se fait menaçante sur Center Of Everywhere et on compatit quand elle souffre sur Infinite Skies. Bien qu’utilisée de façon parcimonieuse, la voix de Lori S. et les slogans proférés rentrent directement en tête, se mêlant avec grâce dans les volutes de guitares tantôt vindicatives, tantôt gémissantes. Au final, on se retrouve alors bien plus affecté par toutes ces péripéties que l’on ne s’y attendait au lancement des hostilités.

De toutes les chroniques que j’ai pu faire depuis les débuts de SWQW, celle-ci a sûrement été la plus simple à écrire. Ce fait résume à lui seul tout ce que tu trouveras dans un tel disque : de la musique grassouillette qui caresse dans le sens du poil tes oreilles de la façon la plus efficace et pure qu’il soit. On pourrait évoquer des dizaines de groupes éparpillés sur ces vingt dernières années qui ont utilisé les mêmes ficelles qu’Acid King, et un bon nombre qui l’ont fait tout aussi bien et en prenant plus de risques. Mais on se fera quand même un charmant plaisir à passer ce disque sans faute de goût aucune lors des fastes apéros estivaux dont les contours se font de plus en plus clairs.

Artiste : Acid King
Release : Middle of Nowhere, Center of Everywhere
Date de Sortie : 17/04/2015
Label : Svart Records
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