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« Art Of Burning Water refuse to die despite being one of the most frowned upon bunch of noise making twats of the past 10 years. There is no machine behind this band and the UK ‘underground’ rock circle jerk has never approved them or championed them and they do not have friends in high places but DO have high friends… »

« …You won’t be told to check them out and they will not be seen high fiving the correct people in the correct places in order to further their way up festival bills with the correct bands. Art Of Burning Water are outsiders in the truest sense of the word AND VERY PROUD TO STAND OUTSIDE THE GOLDEN CIRCLE OF YOUR LOVE. Art Of Burning Water are a steroided immigrant noise punk outfit that does not need to be loved to live. Art Of Burning Water love what they do and therefore need not be loved for what they do. This is strong music by weak people. For fans of: Keelhaul, Rorschach, Voivod, Amebix, Godflesh and Motorhead. »

Il n’y a pas besoin d’en dire beaucoup plus que ces mots qui accompagnent sur Bandcamp la sortie du cinquième LP du trio anglais Art Of Burning Water (AOBW pour les intimes), ils résument à eux seuls l’état d’esprit nihiliste et l’engagement extrême qui suintent des dix titres ici jetés en pâture. Il ne faut cependant pas y voir une posture énervant de Calimero (tu sais, le désormais classique « personne nous aime alors qu’on est bon, tu veux pas nous filer 10000 balles via crowdfunding pour qu’on devienne des stars ? »), mais bien une préface au génocide sans concession qui va relier tes deux oreilles pendant 19 minutes : « ça fait 10 ans qu’on est là, c’est le cinquième disque si l’on ne compte pas les nombreux splits, et ce n’est pas ton indifférence qui nous arrêtera ».

Ces dix années parlons-en, car le trio anglais a laissé assez de petits cailloux pour témoigner d’une évolution flagrante au niveau technique dans le but de tendre une corde crust entre le grind de squat bien énervé et le sludge le plus marécageux. Pas de demi-mesure donc, et c’est là que réside le premier bon point, car tout ce que fait AOBW est tenu par la seule force de la colère et du plaisir tiré dans l’exploitation de cette dernière. Jusqu’ici, le résultat a souvent été de qualité (preuve par trois avec l’époustouflant Nicaragua en écoute ci dessus), toujours excitant, mais aussi un peu ennuyeux, car encore jeune et pas forcément abouti dans la retranscription des intentions. Mais ça, c’était avant, car avec ce Living Is For Giving, Dying Is For Getting, AOBW sors son premier album de qualité impériale.

La première écoute fut déjà sans appel car on entend très rarement des décharges de cette intensité. Ce qui passionne rapidement, c’est la manière avec laquelle celle-ci est transférée d’un passage ultra speed à un riff marteau-piqueur sans qu’une once de puissance et de pertinence ne soit perdue. On guettait cette maîtrise depuis un moment chez ces activistes de l’ombre et c’était donc loin d’être en vain : on est désormais bien content de sauter à pieds joints et aux côtés de Breach sur cette passerelle reliant dangereusement les Melvins et Khanate.

Des compromis je l’ai déjà dit tu n’en trouveras point ici. Mais si ce disque marche aussi bien, c’est grâce à cette maîtrise nouvellement acquise qui rend les choses bizarrement assez accessibles, du moment que tu ne t’enfuies pas devant un groupe comme Converge. D’ailleurs, le spectre de la bande à Ballou flotte ici régulièrement dans l’optique réussie de rendre efficace et parlante au commun des mortels une musique extrême et sans inhibition. Ne t’inquiète pour autant pas à trouver ici un clone de plus de la clique de Boston, le prisme choisi est bien trop rocailleux et nauséabond pour cela.

Pour repartir de l’introduction, oui, Art Of Burning Water est un groupe qui continuera à gueuler sous ta fenêtre sans que tu ne daignes ouvrir. Et oui, tu as tort depuis le début. Cependant, l’effort est maintenant obligatoire, sous peine de louper rien de moins qu’une des meilleures sorties métalliques de l’année. Parole d’aigri.

Artiste : Art Of Burning Water
Release : Living Is For Giving, Dying Is For Getting
Date de Sortie : 15/11/2014
Label : SuperFi, Riot Season
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