Les années 80 ne sont ni l’eldorado que les hipsters veulent nous vendre ni la fin des bonnes choses comme les aigris le clament sous tous les toits.

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Ces complexes années ont, du bon côté de la balance, en effet vu prospérer un bon nombre de groupes aventureux dans les sonorités, larges dans leurs influences, et ne perdant presque jamais de vue l’objectif de la chanson parfaite. Citer des gens comme Tuxedomoon, The Chameleons, Cocteau Twins, ou Dead Can Dance, ne fera que te rappeler ce que tu connais déjà mais, sait-on jamais, les mauvais élèves méritent toujours une seconde chance.

A cette école, les Australiens d’Ascetic: n’ont pas du beaucoup sécher tant leur premier album récite parfaitement la leçon, presque tout aussi bien qu’A Place To Bury Strangers, le côté noise en moins. Une fois que l’on aura compris que ce disque ne cherche pas à aller plus loin et que, finalement, c’est une proposition plutôt honnête voire sexy, on prendra alors son pied sans rechigner.

Self Initiation est en effet un fort bon disque du genre, passant de la frigidité au cordeau du post-punk (Pharmacy) aux prêches de l’indus version Savage Republic (I Burn, Uroboros) sans oublier le romantisme (forcément) torturé de la new-wave (Trankasham) façon And Also The Trees. Des références de l’au-delà, toujours des références de l’au delà, mais les progrès soniques de ces trente dernières années amènent également le groupe vers des paysages shoegaze que l’on apprécie toujours autant quand ils savent être fins et uniquement suggérés.

La basse ronde mais tendue s’appuie donc sur une batterie simple et efficace pendant que les guitares se la jouent petites notes saupoudrées de chorus sur les couplets et belles nappes distordues sur les refrains. Mention spéciale au chanteur qui mime très bien les références du genre, mais avec le talent de pouvoir être aussi bien froid et omniscient que de laisser un peu de chaleur humaine s’échapper quand il faut faire pleurer le cœur de la petite midinette.

Mais comme toujours dans ce registre musical, l’important dans tout cela est la mélodie et la construction d’une bonne chanson. A ce jeux là, les australiens font également figures de bons élèves dans une matière qui elle ne s’apprend pas. Les différents registres se suivent donc habilement, la narration tient éveillée, les structures sont bien vues, le tout devenant alors vite addictif et foncièrement agréable.

Car, en fin de compte, si cette musique n’est pas des plus joyeuses, une madeleine de Proust bien faite comme celle-ci ne représente rien de moins qu’un beau plaisir que l’amateur saura j’en suis sûr apprécier à sa juste valeur.

Artiste : Ascetic:
Release : Self Initiation
Date de Sortie : 04/03/2013
Label : OSCL Records
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