Barberos est une drôle de créature à 6 pattes, 2 batteries et un clavier, venue de Liverpool mais largement habituée à parcourir le continent dans ses diagonales les plus improbables.

Musicalement la tendance est un peu la même, et on note une forte propension à l’excès et aux tangentes avec l’impossible. Le groupe se plaisant à accumuler les sorties courtes, difficile de se prononcer sur le nombre exact de leurs albums, mais il semblerait que cet éponyme soit leur second, et également leur plus long. Pour l’occasion, il sort simultanément sur une bonne palanquée de labels, parmi lequel on compte l’incontournable A Tant Rêver Du Roi – qui confirme par ailleurs son intérêt grandissant pour les noise-math-freaks qui troquent progressivement leurs guitares pour des claviers, et on y reviendra vite en abordant les dernières autres sorties de la maison.

Barberos commence par un monstre synthétique de 15mn, une piste dont le squelette rythmique passe par moultes sections et dont la coloration est donnée par un déversement quasi-constant de choin-choins de synthé, qu’ils virent franchement dans les basses, bastonnent dans les hautes fréquences ou s’amusent à tendre les nerfs de l’auditeur par force répétition et distorsion du temps et des tempi. La suite du disque s’avère encore plus frappée et riche de constrastes, entre une noise bruitiste bien absurde (Obladen), une émulation de musique de flims 70’s futuriste qui dégénère inévitablement (Akropolis), un ambient bien anxiogène (Hoyl), ou une symphonie schizophrène encore une fois largement synthétisée (Concerto (Reprise)).

Tout cela ne peut de toute évidence émaner que du cerveau malade d’individus s’ébrouant en live dans des combinaisons intégrales moulantes, me diras-tu, et tu auras raison. Barberos est célèbre pour ses concerts hystériques, à mi-chemin entre la folie-furieuse de The Locust et la transe d’un Battles qui aurait viré synth-prog. Quoiqu’il en soit, si par-delà la folie la maîtrise technique de Barberos sur ce disque impressionne, il faut savoir que c’est surtout en live que le phénomène prend toute son ampleur, aussi ne saurais-je trop te recommander d’aller les y voir. Ce qui peut rester sur l’estomac à l’écoute domestique – pour peu qu’on ne soit pas d’humeur – s’efface devant l’insanité furieusement communicative de leur spectacle sonore ET visuel. Barbe rose, et pas de repos.

Artiste : Barberos
Album : Barberos
Date de Sortie : 05/11/2016
Label : A Tant Rêver Du Roi, Et Mon cul c’est du Tofu ?, Gnougn Records, …
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