Quatuor actif au début et au milieu des années 90 à Chicago, Big’n est un groupe que les plus jeunes d’entre nous avaient pu découvrir en 2011 grâce à la sortie de l’EP Spare The Horses chez l’éminent label Africantape, très en forme à l’époque. Le festival organisé à Lyon la même année par ce dernier avait d’ailleurs permis le premier voyage européen du groupe de toute sa carrière, promenade qu’ils avaient ensuite réitérée en 2013, nous faisant bénéficier avec grand plaisir d’un peu de rab. Et depuis, plus rien, jusqu’à cet EP sorti en fin d’année dernière, coïncidant d’ailleurs avec la résurrection d’Africantape sous le nom de Computer Students, et les rumeurs d’une tournée par chez nous pour cette année.

 

 

Pour ceux qui auraient pour autant loupé le train jusque là, sache que tu peux appréhender Big’n et son noise-rock coup de poing comme le juste milieux parfait entre la précision chirurgicale de Shellac et la folie vicieuse de Jesus Lizard. La comparaison avec ces derniers tient également pour le chant qui, entre éructations et crachats vindicatifs, vient ponctuer avec rage les assauts d’une section rythmique sèche et de guitares dissonantes. Ceci dit, le mot d’ordre chez nos quatre fantastiques du jour est la simplicité , et si on peut souvent résumer un titre pop classique à deux ou trois accords, il ne faut pas plus de riffs à Big’N pour te façonner un brûlot aussi efficace que torturé.

Enregistré en partie par Steve Albini, Knife Of Sin se repose en effet sur la sempiternelle formule qui a déjà fait ses preuves sur les deux LP’s et les multiples splits et EP’s sortis par le groupe dans les 90’s. L’intérêt principal de la présente sortie étant alors d’ajouter six morceaux à la discographie, ce qui n’est pas rien, d’autant plus que ceux-ci n’ont rien à envier à leurs aînés. Parmi eux, on retiendra particulièrement l’introductif Snake Eater et son mono-riff jouissif, de même que Hog Hell et son départ sur les chapeaux de roues avec la basse bien en avant et sa guitare coupeuse de tête, ou encore Bird & Bull avec un refrain qu’on pourrait presque qualifier de fédérateur. Les trois morceaux qui restent ne sont pas très loin derrière en terme de qualité, surtout quand on arrive sur le final plus lent et pesant que représente Sunk. L’avantage de n’avoir que vingt-deux minutes sous la main c’est qu’on a pas le temps de s’ennuyer, et on a surtout tendance à facilement repartir pour un tour dès que la dernière note (enfin, le sample de bébé) est jouée.

 

 

En résumé, cet EP représente autant une parfaite introduction à la discographie du groupe pour le néophyte qu’un délicieux et forcément un peu nostalgique voyage en arrière pour le connaisseur. Celui-ci sera en tout cas content de voir le groupe en si bonne forme, et en profitera sûrement pour se replonger dans l’ensemble de l’œuvre aussi simple que réjouissante d’un des groupes à l’approche la plus punk de la scène noise-rock. Quant à ceux qui ont toujours trouvé le groupe trop classique et trop monolithique, ils savaient déjà qu’il n’y trouveraient pas leur compte, et sûrement à raison.

 

Artiste : Big’n
Release : Knife Of Sin
Date de Sortie : 16/11/2018
Label : Computer Students
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