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Quoi de mieux qu’un petit super-groupe d’éminents hyperactifs de certaines sphères drones et psychédéliques pour rentrer d’une façon opiacée et détendue dans cette nouvelle année ? Jugez plutôt par le C.V., car Black Dirt Oak n’est rien de moins que la réunion de Steve Gunn (GHQ, Desert Heat, les Violators de Kurt Vile), Nathan Bowles (Pelt, Black Twig Pickers), Jimy SeiTang (Rhyton, Stygian Stride, Psychic Ills), Justin Tripp (Georgia, Steve Gunn), Margot Bianca (Flown, Key Demo), Dave Shuford (Rhyton, D. Charles Speer, NNCK), et Wednesday Knudsen (Pigeons, Sea Donkeys), ce qui n’est pas une mince affaire.

Forcément, on imagine bien que la galette sortie de cette petite sauterie soit le résultat d’un collage d’improvisations successives réarrangées pour leur donner une forme plus ou moins définitive, et que l’ensemble puisse donc porter une certaine hétérogénéité. En même temps, ça nous permet de changer d’air en passant d’une pièce à une autre, et c’est plutôt un bon point au final.

Ici, le cadre s’étend du grand ouest américain et de ses complaintes de cowboys solitaires jusqu’à un psychédélisme lo-fi hérité de Can voire du début de la musique industrielle. Cette dernière pelletée de titres est d’ailleurs la moins intéressante du lot, car jouée assez mollement et ne nous faisant que peu voyager, ou même rêver. En revanche, les quelques plages emmenées par un banjo lumineux sont bien plus intéressantes dans la mesure où alors chaque musicien trouve sa place pour y apporter un coup de pinceau qui ne rend le tableau final que toujours plus beau. De même, le final Crowning The Bard flairant bon le Earth ou le Barn Owl avec son assemblage de nappes aux textures multiples est une sacrée réussite qui permet de finir le périple apaisé et heureux de l’expérience vécue.

En dehors de trois titres versant sans intérêt dans le krautrock, ce Wawayanda Patent est donc un fort agréable témoignage d’une rencontre entre diverses personnalités passées maîtres de leurs instruments et du moyen de les mettre au service d’un tout, qu’ils dirigent l’improvisation, ou qu’ils se contentent de l’orner de discrets arrangements. Et au final, c’est un résultat plus homogène qu’au premier abord qui se dégage de tout cela, permettant alors à l’auditeur de rentrer sans problèmes dans cette musique minimale et éthérée qui lui réserve de belles émotions.

Artiste : Black Dirt Oak
Release : Wawayanda Patent
Date de Sortie : 13/01/2014
Label : MIE Music
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