2013 commence fort. Après le tank Rotten Sound, voilà le tour de nos plus fiers représentants français d’y aller de leurs petite branlée, Blockheads a beau avoir 20 ans dans les pattes, ce n’est pas encore cette fois qu’ils se feront marcher sur les pieds.

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Pourtant j’ai hésité à la faire cette chronique. J’ai beau vouer un respect total à la carrière, à la tenacité, ainsi qu’à l’énergie déployée par les nancéens, je suis un peu resté sur ma faim aux premières écoutes de ce This World Is Dead, comme si grâce à la maitrise parfaite de son art le quatuor avait atteint les limites du grindcore sans arriver à les trainer plus loin que ça dans la boue.

Seulement, les Blockheads ne sont pas les derniers des abrutis, et il y a un peu plus qu’une grosse gerbe à 200 Bpm dans ces 25 titres. Bien sûr, et le groupe l’a toujours revendiqué, l’inspiration première sort tout droit des premières et grandes années d’Earache et des pierres angulaires qu’ont pu être Scum de Napalm Death, Altars of Madness de Morbid Angel ou les Carcass. Seulement, Blockheads est nancéen, du coup un peu trop proche du Benelux et des schleus pour ne pas puiser dans la scène crust/punk de ces sales pays et de leurs tout aussi sales représentants, Yacopsae en tête. Crust ce disque l’est à coup sûr, mais en n’oubliant pas leurs premiers amours, nos papys préférés gonflent le tout d’un son imposant et d’une technique intraitable propre à la vision américaine des choses.

A ces considérations stylistiques finalement peu importantes se rajoute un sens de la rupture qui nécessite un temps d’adaptation (car ça va quand même très vite cette affaire) mais qui fait toute la différence avec la moyenne des sorties du genre. Blockheads dissémine alors avec une certaine malice quelques passages qui resteront dans les annales du genre, comme ce Deindividualized qui navigue de Converge à Napalm Death en direction d’un Nasum ultra groovy, ou encore ces All these Dreams et Pro-lifers, tout aussi mémorables. Parfaites soupapes en forme d’accroches pernicieuses, ces quelques temps forts permettent d’affronter les cavalcades fast-core avec assez de fuel et de pugnacité en réserve.

J’ai été bien moins convaincu par le final sludge Trail of the Dead. Bien qu’il représente une belle métaphore musicale d’une fin de conflit, il pâtît néanmoins un peu de la comparaison avec les jeunes qui en veulent à mort comme Verdun ou Primitive Man actuellement. Cependant, cette nouvelle porte ouverte intrigue et excite quant au futur de ces vétérans très loin d’être à la retraite.

Artiste : Blockheads
Release : This World Is Dead
Date de Sortie : 22/01/2013
Label : Relapse Records
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