Si tu as bonne mémoire et nous suis depuis un moment, le quartet Finlandais Boar n’est pas une inconnue pour toi, puisqu’il était le parent d’un très chouette album en 2015, Veneficae, que nous avions chroniqué dans ces pages. Trois ans après, le groupe est de retour, cette fois encore avec six titres, et cette fois encore avec une musique qui brasse avec habilité tout le continent musical se situant entre High On Fire, Conan, et Unsane.

 

 

Entre temps, le groupe a peaufiné son art et a réussi à muscler encore un peu plus son arsenal sonique. Il ressemble toujours un peu à Verdun, mais s’amuse encore plus à mélanger ses influences pour forger une musique unique, comme c’est un peu la mode chez les groupes Finlandais, Oranssi Pazuzu en tête. Dès le premier accord groupé en forme de coup de massue proposé par le morceau titre, c’est donc une plongée en apnée dans un tourbillon de riffs qui piochent un peu partout qui t’est proposée. Et si le groupe attaque en grande pompe son disque sans ménager sa puissance, il n’oubliera pas par la suite de proposer des ambiances plus aérées permettant de souffler un tant soit peu. Mais pas trop non plus. Car les charges mid-tempo sous perfusion de fuzz sont la spécialité de la maison, tout comme les vocaux vociférés avec une rage hardcore des plus contagieuses. À noter que ceux-ci sont joliment partagés et alternés entre un des guitaristes et le bassiste, chacun possédant deux teintes se mariant bien (Dark Skies). 

Ce qui me plaît le plus dans tout ça, ce sont les évolutions alors proposées, à partir souvent d’une base doom/stoner plutôt classique, pour aller visiter d’autres émotions, et ce grâce à des changements harmoniques, rythmiques, ou dynamiques, toujours bien vus. Le travail des deux guitaristes, à ce jeux là, est fondamental, en ouvrant l’espace quand il le faut par de jolies divagations tordues dans la reverb’, pour rejoindre ensuite fièrement le sanglier (Boar, en anglais..) porté par la basse quand il est temps d’ouvrir le sol en deux. Les riffs distillés à ce moment là ne seraient pas aussi marquants si nous n’avions pas vu un peu de pays avant cela, et vice et versa. Va plancher du côté de la troisième piste, pourtant nommée 12, si tu veux une preuve cinglante de ce que j’avance, et tu apprendras comment voyager ni vu ni connu d’un début heavy à un break noise-rock/noise-core bien tendu, pour atterrir finalement sur un monolithe de lourdeur doom. Classe.

 

 

Avec ce Poseidon, Boar continue donc de montrer qu’il n’est pas un combo stoner/doom de plus, et qu’il a même peut être un peu trop de cordes à son arc pour convenir à un public prêt à passer à la caisse pour des Stoned Jesus ou des Dopethrone de plus sans demander un peu de changement sous le soleil. Chez nous, ça passe par contre crème, tant on aime se faire malmener par des structures un peu aventureuses dans d’ardentes terres fuzz. Ne rêve pas, les propositions faites par le groupe ne sont pas toutes parfaites, et quelques passages sont un peu trop bas du front, comme le final Totally Out Of This World, mais la copie globale a fière allure et garantit un joli petit nombre d’écoutes plaisantes pour tes oreilles, mais douloureuses pour ta nuque. Bref, vivement la prochaine fois, tout simplement.

 

 

Artiste : Boar
Release : Poseidon
Date de Sortie : 01/06/2018
Labels : Lost Pilgrims Records, Dissonant Society, Impure Muzik, S.K.O.D, Rämekuukkeli-levyt.
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