boar-veneficae

Mine de rien, la Finlande possède actuellement une des scènes underground les plus excitantes, scène composée de groupes réussissant souvent à s’approprier des styles musicaux éculés pour les emmener un peu plus loin, témoignant d’une ouverture d’esprit supérieure à la moyenne. On peut citer comme exemple les noise-rockeux de Baxter Stockman, les métalleux d’Oranssi Pazuzu (souviens-toi), ou dans le style qui nous intéresse aujourd’hui : les très hallucinogènes Domovoyd et les tourmentés Saturnalia Temple. Boar débarque là-dedans avec son premier album et grappille directement une place de choix à côtés de ces groupes que j’aime suivre régulièrement.

La colonne « Genre » située à la droite de cet article et le morceau Trees que tu dois être en train d’écouter si tu es un lecteur attentionné t’auront rapidement fait comprendre à quelle sauce tu allais être mangé aujourd’hui. Tu as dû alors te dire que c’était un plat que tu ne connaissais que trop bien par les temps qui courent, mais n’oublie pas que si nous osons exposer ces quatre oursons à ton brassage de merde, c’est que l’âme des six titres qui composent Veneficae possède une saveur particulière.

Car si Boar peut ressembler à un groupe de stoner de plus, il se démarque de la meute par son talent certain pour composer des riffs qui te restent longtemps en tête et pour mélanger une belle palette de styles certes proche les uns des autres, mais dont la combinaison fait mouche. On pourrait d’ailleurs presque diviser l’album en deux parties plus ou moins distinctes, ou en tout cas percevoir une certaine évolution le long d’un disque qui commence de façon très percussive pour finir avec un peu plus de douceur sur deux titres groovy et lumineux, Trees et Wolf Lord, qui vous rappelleront la fraîcheur de nos chéris de Mars Red Sky. Tu l’auras compris, les différentes couleurs de la musique de Boar et les quelques passages majestueux égrenés ici et là te garantiront un temps d’écoute avant corbeille bien supérieur à la moyenne des sorties 2015.

À y réfléchir, Veneficae trouve son salut dans la liberté dont semble profiter ses fiers parents. Et si ses racines sont forgées dans la fuzz, on sent que le quartet ne s’est pas trop posé de questions marketing, préférant avant tout faire parler ses instruments et suivre les chemins tortueux qui s’offrait à lui. Dans le genre, on pensera aux Français de Verdun, parallèle facile puisque le groupe est signé sur le même label, Lost Pilgrim Records, dirigé par un membre de ces derniers. Les six titres du disque ne font alors que transmettre cette liberté, te donnant envie de courir nu dans l’étrange champ de fleurs de la pochette d’un disque que je conseille fortement.

Artiste : Boar
Release : Veneficae
Date de Sortie : 01/05/2015
Label : Lost Pilgrims Records, Mikrofoni, Rämekuukkeli-levyt
Acheter cet album