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On sait depuis longtemps que la Suisse et les musiques extrêmes font souvent très bon ménage. Il est toujours assez amusant voire impressionnant de se dire qu’un petit pays bourgeois comme celui-là a quand même enfanté, rien qu’en restant dans les mastodontes, des perles comme Celtic Frost (dois-je te redire que Monotheist est le meilleur album de ces dix dernières années ?), Darkspace (seul vraiment bon groupe de black moderne avec Blut Aus Nord), ou encore Coroner. On est par contre, en dehors des excellents Inquisition, peu familier dans le death/black métal avec les duos, forme quand même peu adaptée au genre.

Pourtant, les suisses de Bölzer n’ont pas besoin d’être plus nombreux pour donner un gros coup de pied dans la fourmilière avec les trois titres de ce Aura qui couple donc l’économie de personnel à la parcimonie dans la durée pour un résultat optimal. On pourrait par contre perdre beaucoup de temps à débattre sans succès pour classer cette deuxième sortie du groupe dans la nébuleuse métal. Certes, même si on me les a introduit comme un groupe de death, la couleur générale est au black, mais ce plus par son côté très rock’n roll et strumming de guitare à toute berzingue que par une énième redite des poncifs du genre.

Heureusement pour nous on est aussi très loin de ce qui se fait actuellement dans le genre en termes d’innovations, j’entends par là des ambiances post-rock gay et un chant screamo pathétique, car le duo a la bonne idée de s’orienter plutôt vers les cieux pour prendre d’assaut l’étoile de la mort. Vous l’aurez deviné, tout se passe dans la douleur. L’ambiance est en effet poisseuse et infiniment lourde, les guitares malsaines et imprévisibles, et les voix ressemblent tour à tour à des cris de détresse frissonnants ou à de lointaines mais inquiétantes menaces d’une mort tragique lancées par une entité qu’on aurait préféré ne jamais rencontrer.

Pièce centrale et climax de cet EP, Entranced By The Wolfschook et son riff principal mémorable et complètement fou se pose alors comme la carte d’identité parfaite d’un groupe qui n’est pas là pour rigoler et qui ne compte pas perdre son temps au tricot. En sept minutes, on part donc en cavalcade hallucinée dans l’espace à dos de centaure pour affronter un vers géant qui te mitraille à coups d’astéroîdes mais qu’on finit par trucider en retournant ses armes contre lui. La parade finale est alors complètement libératrice avec un retour salvateur au thème principal qui te fait te dire que des trips comme ça, on en connaît quand même peu.

 

 

Les deux autres pièces sont moins marquantes mais restent quand même au dessus du lot et font naître en nous l’espoir que le groupe n’a peut être pas encore atteint maturation. A nous de guetter la suite de ces aventures interstellaires, mais mon petit doigt et les divers festivals où ils sont à l’affiche me font dire qu’on est seulement au début d’une belle histoire d’un groupe sur lequel il va falloir compter.

Artiste : Bölzer
Release : Aura
Date de Sortie : 13/05/2013
Label : Iron Bonehead Productions
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