Des gros malades ont ouvert une porte de l’enfer en Belgique. Appelles-les B R I Q U E V I L L E, et ne t’arrêtes pas à leur blase un peu déroutant, ces types sont des démons. Bref, Briqueville are back in town.

Briqueville est un groupe qui ne laisse pas de repères. Le chroniqueur est donc bien embarrassé lorsqu’il passe par l’évidente présentation du groupe. Les maigres informations glanées ça-et-là nous apprennent qu’il s’agit d’un collectif belge ou néerlandais à l’esthétique soignée (nuances de noir, masques épurés…), vraisemblablement influencées par l’alchimie, la sorcellerie, l’ésotérisme. Après un premier album, Briqueville, sorti en 2014, la formation offre un second disque à son tableau de chasse, avec II, sort en Février.

Et c’est à peu près tout ce qu’on sait sur le collectif. Briqueville n’est pas un groupe bavard, même la bio de leur site internet est extrêmement maigre et mystérieuse et les quelques interviews du groupe n’offrent qu’une poignée d’éclairages sur les influences esthétiques du groupe, aussi variées que surprenantes. Mais finalement, ce n’est pas un mal que Briqueville en dise si peu. Le culte du secret du groupe a même quelque chose de courageux et d’intelligent : Briqueville est un groupe qui n’a de réponse que sa propre musique, et c’est tant mieux, car toute autre réponse serait décevante.

Et la musique, justement? On a oublié d’en parler, obnubilés par ce culte du secret. Effectivement, elle est singulière et déroutante. Les batteries claquent violemment, quatre-cordes et six-cordes se noient dans les graves, et l’ensemble est extrêmement lourd. On parlera, par dépit, de Doom Metal, de Post-Metal, tant de termes maladroits et prétentieux, qui veulent tout et rien dire. Et si il fallait vraiment comparer Briqueville à d’autres formations, on partirait sur les morceaux les plus massifs de Year Of No Light, référence évidente lorsqu’on parle de tout ce qui touche de près ou de loin à ce qui peut être traité de « post-metal ».

Chroniquer un disque, c’est déjà un exercice difficile que je n’ai pas la prétention de toujours réussir. Et avec cet album, l’exercice est plus compliqué que jamais : il n’y a ici pas de contexte à donner, pas d’univers à résumer, il n’y a (presque) que de la musique. Mais une musique cathartique, violente, redoutable, une musique résolument recommandable. Bref, pour le mot de la fin : Give Briqueville A Chance, et ne les loupe pas, leur réputation en live n’est plus à faire.