Nous sommes en septembre et je n’ai pas eu l’occasion de parler de ce beau petit machin.

Quand on parle de krautrock, terme réducteur et un peu con sur les bords (« rock choucroute », quand même), on peut avoir en tête une multitude de choses finalement assez variées. Il faudrait alors préciser les choses, entre des machins psychédéliques, planants, technoïdes ou juste globalement répétitifs. Cavern Of Anti-Matter, eux, se situent plutôt du côté motorik de la force, à la façon de leurs parrains Neu!, et leur troisième album, Hormone Lemonade (titre d’album franchement formidable) est totalement dans cette veine. Motorik, donc, avec des batteries et/ou des boites à rythmes qui claquent, des tac tac tac tac obsédants dans des boucles synthétiques qui ne cessent jamais de boucler.

 

 

Rien de surprenant, en somme, quand on se rappelle du background du groupe, composé entre autres de deux anciens membres de feu (en théorie, non, mais ils sont en « hiatus » depuis un bout de temps) Stereolab. Alors dans cet album, forcément, ce qui ressort, c’est l’amour du kraut des 70’s, dans l’esprit d’abord : très Kraftwerk-ienne (d’ailleurs, avec un premier morceau très long et une série de morceaux plus courts, le tout me fait un peu penser à Autobahn), la construction de l’album se présente comme ayant été faite de hasards, de percussions et notes qu’on aurait laissé tourner dans le vide jusqu’à obtenir la pépite, ou plutôt les pépites. En dehors de l’esprit, ce qui ressort, c’est une musique qui fait les beaux yeux au kraut des origines comme au kraut contemporain, on pense ainsi à Neu!, comme on l’a dit plus tôt, mais aussi à Cluster, et à certains morceaux de Beak> (en plus léger) ou Föllakzoid (en moins psyché), même si Cavern Of Anti Matter trace bien sa propre voie. Riche, facile d’écoute, jamais chiant ni prise de tête, Hormone Lemonade est un album vraiment soigné.

En somme, Hormone Lemonade est un superbe album de kraut, dont le seul vrai défaut est de s’ouvrir sur « Malfunction » un morceau tellement impressionnant qu’il en éclipse un tout petit peu le reste de l’album, pourtant tout aussi intéressant et riche, entre légèreté et morceaux plus frontaux. Et précisons également que Hormone Lemonade sort dans une année assez riche pour le krautrock au sens large : un U.E.F hallucinant par The Oscillation (qui sortent encore un album ce mois-ci), un BEAK> plutôt prometteur pour la fin de l’année, un nouveau Lumerians apparemment plutôt sympathique… Give Krautrock A Chance.