Découvrir un disque au regard d’un concert, vivre un live au regard d’un album, il n’y a pas à dire, on n’a pas un boulot facile..

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C’est que Coilguns a bien fait parler la poudre sur scène avant de nous asséner ce Commuters. De sordides caves à des premières parties de groupes emo-core, les trois Suisses ont tiré leur épingle du jeux en proposant des sets bien débiles et vivifiants en réaction aux très cadrés The Ocean dont nos gaillards ont fait partie sur les derniers albums et tournées.

Du coup, j’étais plutôt sceptique et intrigué quant à ce que pourrait donner ce hardcore’n roll sur grand format studio, et bizarrement, malgré un enregistrement en one-shot, c’est le coté très pro des membres qui ressort de prime abord, faisant oublier le bordel scénique pour du gros son presque trop propre. Mais heureusement, la déception ne fait (presque) pas long feu, et la certaine singularité que j’avais ressenti lors de mes premières rencontres avec ce trio chant-guitare-batterie respire aussi de ce disque naviguant entre le post-hardcore à la Playing Ennemy ou Rorschach, le mathcore à la Dillinger Escape Plan dernière période et … Deftones. A ce jeu, l’éponyme morceau en deux pistes fait office de carte d’identité parfaite voire même trop tant la barre est placée haute sur ces 14 minutes. D’une première partie tendue comme un slip et portée par un refrain vraiment excellent à une seconde partie remplie de tension et d’émotion nous rappelant le Grim Heart/Black Rose de Converge, ce morceau exhibe un groupe plus qu’impérial et rend l’écoute de ce Commuters immanquable.

Seulement, et ce malgré trois quatre titres comme Plug-In Citizens ou 21 Almonds a Day portés par des riffs de tueur et un Minkowski Manhattan avec Keijo Niinimaa de Rotten Sound des plus puissants, l’écoute complète de la galette se révèle plutôt ennuyeuse et répétitive, et ce sans qu’aucun argument tangible et défendable vis à vis de votre brassage de merde ne puisse être avancé.

La morale de l’histoire c’est qu’en retournant les voir après avoir décortiqué le disque il m’a bien fallu une bonne demi-heure pour ne plus regretter le côté imposant et implacable de la version studio de Coilguns. Cela doit être qu’au final, on a affaire à un groupe encore bien jeune mais qui mérite toute notre attention de par une maîtrise totale des ficelles métalliques et une ouverture d’oeillère qui se fait des plus rares.

 

Artiste : Coilguns
Release : Commuters
Date de Sortie : 22/02/2013
Label : Pelagic Records
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