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Sur la scène parisienne, Cowards n’est pas la formation qu’on a l’occasion de voir le plus souvent, et il faut bien dire que Shooting Blanks And Pills, première production du quatuor ne nous en avait pas donné plus l’envie que ça. On sentait bien quelques bonnes idées, un côté urgent et détruit comme on l’aime, mais la réalisation n’était pas à la hauteur des ambitions, et la formule tournait vite en rond.

Sur Hoarder, petite galette de cinq titres fraîchement sortie, on rebat les cartes pour repartir à zéro. L’influence Unsane / Craw est certes toujours présente, mais cette fois-ci noyée dans une masse puissante qui lorgne du côté d’un EyeHateGod. Le son est donc massif, mais surtout, il dote enfin le groupe de la manière de mettre en avant son originalité en gardant la froideur sèche du noise-core pour rendre intriguant et effroyable le mur de dissonances qui s’offre à nous.

Comme on pouvait s’en douter, maintenant que Cowards a trouvé sa forme, plus rien ne cloche. Les constructions soniques de la formation sont en effet parfaitement maîtrisées, en constante oscillation sur la fine corniche qui relie le rouleau compresseur et le bruitisme écervelé. Preuve par l’introduction, Old City t’attaque de pleine face dès les premières secondes pour ensuite jouer au cache-cache avec sa force de frappe.

Ce qui fait la différence entre Cowards et le reste du monde est donc cette espèce de résignation qui l’entraîne à ne jamais en faire trop, s’interrompant toujours au bon moment pour t’emmener sur une route différente bien que forcément accidentée. Du coup, cinq titres suffisent à te réduire à l’état de larve, et on les remercie de privilégier les formats courts, bien que très denses, pour ne jamais être lassé en tant qu’auditeur.

Hoarder se clôture sur une reprise du Blessed Persistence de 16 Horsepower. Loin d’être un des morceaux les plus connus de la discographie des américains, le pauvre repose sur Folklore, il est cependant un de ceux qui accapare le plus de tension sans jamais la laisser complètement s’échapper. Si vous avez bien suivi, Cowards est passé maître de ce filon et ne fait donc qu’une bouchée de cette réinterprétation, avec du coup quelque chose de plus monolithique que le reste, pour boucler un tableau déjà sacrément impressionnant.

Les parisiens relèvent donc sacrément la barre sur ce nouvel opus, et laissent même entrevoir quelques directions plus hypnotiques qu’on aimerait bien les voir emprunter. De toute façon, maintenant que la forme est là, plus grand chose ne les retiendra.

 

Artiste : Cowards
Release : Hoarder
Date de Sortie : 18/09/2013
Label : Throatruiner Records, Ruins Records
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