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Le 21 octobre 2012 (putain 3 ans !) sortait ma première chronique sur SWQW, plus ou moins en même temps que le lancement de ton site préféré. Elle concernait le troisième album de Gaza, No Absolutes In Human Suffering, et le couvrait à juste titre d’éloges. On apprenait quelques temps après la séparation entre les musiciens et le chanteur pour diverses raisons que je vous laisse wikipédier si le coeur vous en dit, puis la fondation d’une nouvelle entité, Cult Leader, composée des membres restants et d’un nouveau bassiste (le précédent étant passé au chant, faut suivre garçon ! ). Lightless Walk, le sujet de cette chronique (si t’es déjà perdu), est le premier long format du groupe et fait suite à deux EPs des plus bandants que je te laisse écouter pépouze au sein de cette chronique. Voilà pour l’instant #stephanebernestmonhéros.

Ce qui m’a scotché dès l’entame du disque, c’est cette partie de batterie qui t’éclate en pleine gueule. Sur un tempo pressant qui ne fait aucun cadeau, elle martelle tout et s’allie à l’interprétation ultra sèche et maîtrisée de ses comparses pour poser le décor en quelques plans. On est habitué à voir ces gaillards faire dans l’ultra-violence, mais ça fait toujours un choc quand tu ne connais pas les morceaux. Et si j’ai pu vanté récemment les prouesses de Nick Yacyshyn chez The Armed, on peut dire que notre bon élève du jour semble avoir encore progressé pour atteindre lui aussi de vertigineuses cimes. De manière générale, j’ai l’impression que l’intégralité du groupe n’a jamais aussi bien joué, ou en tout cas de manière aussi resserrée et tranchante, comme en témoigne l’enchaînement Suffer LouderBroken Blades, terrifiant.

Au milieu de tout cela, et comme c’était déjà le cas sur les EP, on trouve de longues pistes plus lourdes et contrastées où la couleur des guitares et les harmonies me rappellent un autre groupe de qualité de l’écurie Deathwish et produit par Kurt Ballou : Oathbreaker. Autre comparaison à peine tirée par les cheveux : je retrouve dans les plaintes aux teintes gothique qui survolent A Good Life et Lightless Walk les choses que j’aime dans les passages les plus calmes mais tendus des élucubrations récentes de Tom G. Warrior avec Celtic Frost ou TrIptykon. Et si je trouve ces titres lents un peu trop gentils et longuets, on pourra au moins reconnaître aux musiciens de Cult Leader une certaine persévérance par rapport au virage entrepris sur le dernier Gaza vers des choses un peu moins tordues mais rondement menées. Je me demande cependant parfois si c’est une bonne idée, mais bon.

En formant Cult Leader, nos nihilistes mormons préférés n’avaient en effet pas l’intention de s’éloigner beaucoup de la terre brûlée laissée par Gaza, et on les en remercie tant celle-ci, puissante et personnelle, fait du bien dans le paysage extrême actuel. Et si mon cher Mattooh trouve que l’album manque par rapport aux EP’s de titres lents et vicieux et en devient fatiguant, je trouve justement que le dosage ici proposé entre titres véloces et morceaux progressifs est assez juste pour que l’on profite pleinement des deux faces d’une haine que peu de gens savent aussi bien exprimer par la musique. Mais au milieu de tous ces compliments, et parce que je suis bientôt un vieux con, il faut quand même que je finisse cette chronique en disant que le chant possédé et franchement flippant de Jon Parkin me manque quand même un peu. Voilà, c’est dit.

Artiste : Cult Leader
Release : Lightless Walk
Date de Sortie : 16/10/2015
Label : Deathwish Inc.
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