Il est vrai que je pourrais te faire une présentation classique de Ddent, à savoir : « Ddent est un projet né de l’imagination du guitariste et multi-instrumentiste Louis Lambert et fondé avec le batteur Marc Le Saux ». Je préfère plutôt te dire que je connais le groupe depuis que ses membres m’ont invité avec un de mes projets à les accompagner pour leur première date il y a de cela trois/quatre ans, à l’époque où il n’existait chez eux qu’une poignée de morceaux démos qui m’avaient déjà sérieusement plu. Et de cette rencontre est née une relation aussi bien musicale qu’amicale.

Si tu crois que celle-ci peut ternir mon objectivité inébranlable, c’est bien mal me connaître. Ceci dit, cela ne m’empêchera pas non plus de te dire tout le bien que je pense de آكتئاب, album que je dénommerai ci-dessous l’Arabe, par soucis de simplicité.


Cet opus est techniquement le premier LP de Ddent bien que Chien Noir, leur premier EP, aurait déjà pu revendiquer ce statut, que cela soit par sa durée (35 minutes) que par sa qualité. Il a été enregistré par le batteur Marc (Yujim, Parlor Snakes) et le fameux « guitariste et multi-instrumentiste Louis Lambert » dans le studio des Conan en Angleterre, cette escapade ayant permis aux huit titres qui nous intéressent aujourd’hui de nous éclabousser d’un son ample et puissant au grain des plus chaleureux.

Bien que la scène musicale dans laquelle le groupe évolue à Paris et en France ait plutôt tendance à les étiqueter Doom Metal, c’est clairement du coté du Post-Rock et du Post-Core qu’il faut aller puiser pour leur trouver des influences/similitudes, quitte à devoir citer des groupes dont je ne raffole pas, genre Amen Ra ou Cult Of Luna. Heureusement, on trouve aussi ici une coloration industrielle (amenée par le son de batterie mélangé à celui d’une boite à rythme et l’utilisation de diverses sonorités assez froides), coloration permettant au groupe de différencier un tant soit peu sa sonorité de celle des autres groupes officiant dans le même registre.

Comme tout bon album du genre, l’Arabe s’écoute d’une traite, se vit comme un périple. Les mouvements successifs de même que les différentes émotions évoquées ça et là s’enchaînent avec assez de finesse pour éviter la redondance, et on ressent un réel plaisir, après les charges pachydermiques, à se plonger dans les accalmies et les phases plus oniriques. Cette seconde facette est d’ailleurs celle que maîtrise le mieux le groupe et qui lui permet de tirer vraiment son épingle du jeu. Sans aucune connotation négative, je dirais même que ce sont la naïveté et l’honnêteté transportés par certains riffs et certains patterns rythmiques qui font résonner cet album d’une façon particulière. On pourrait parler de facilité voire de poncif, mais je dirais plutôt efficacité, et ajoute que celle-ci est suffisamment bien dosée et si bien amenée qu’elle n’apporte que du bonheur et sert de déclic pour rentrer dans l’univers que façonne cet album. Un peu comme chez Type O Negative ou Jesu, en somme !

Je ne peux donc que te conseiller d’emprunter au moins une fois ces marches (un peu) orientales, ne serait-ce que pour la variété des émotions qu’elles pourraient te faire vivre. Tu verras alors peut être toi aussi la lumière éblouissante qui apparaît à la fin du voyage au moment d’Azahar, ultime volet d’une histoire mélancolique dépeignant des terres aussi bien hostiles que réconfortantes.

Artiste : Ddent
Release : آكتئاب
Date de Sortie : 13/02/2017
Autoproduction
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