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Après le screamo inutile de No Omega, le metalcore pour midinettes de The Phantom Carriage, et l’encéphalogramme désespérément plat du dernier Eibon, j’ai bien cru que l’on avait perdu Throatruiner Records en cette année 2013. Que tout le monde se rassure, avec le punk sauce math-core sacrément vivifiant d’Elizabeth, le nouveau Cowards qui va toujours plus loin dans l’éradiction de toute forme humaine et l’intrépide Amen de Death Engine qui nous intéresse aujourd’hui, le label Rennais mérite encore toute notre attention.

Ici, l’étape dite de description stylistique risque d’être plutôt compliquée car les Lorientais proposent une fusion métallique très personnelle. Certes on sent du noise-core à la Unsane, des trucs screamo première époque à la Playing Enemy/Rorschach/Deadguy, un soupçon de post-core version Breach/Knut, mais on a surtout affaire à une machine infernale qui tourne à l’huile de coude et à la bière éventée.

Reconnu pour ses sets cathartiques vraiment bluffants, le trio a semblerait-il réussi habilement à rendre compte de cette réputation sur les quatre titres de ce premier EP. La charge commence par les coups de massue de No Hope qui plantent instantanément le décor. Elle finit par les huit minutes d’un Amen qui se désagrège lentement pour tendre vers une ruine sonore terrifiante où les quelques sursauts d’espoirs qui pointent de temps à autre se font vite casser la gueule.

Pendant tout ce temps, on assiste béat à un groupe faisant preuve d’une terrifiante violence physique mais aussi, et avant tout, mentale. Car Amen n’est que colère, et ce sont les durs moments de ta vie qui te ressortent alors en pleine gueule, en noir et blanc forcément, et qui t’harcèlent jusqu’à la rupture. Amen n’essaiera pas de te consoler et prône l’oublie par la lutte de chaque instant, et la fin dans la douleur. Et tant pis si le malaise pointe le bout de son nez, ce n’est que de la musique.

Vous l’aurez compris, l’effet Death Engine est puissant, et réside surtout dans l’union dans la souffrance de trois personnes qui veulent te réduire en cendre. Il est alors plutôt difficile d’en séparer pour le sacro-saint but de l’analyse ses différents éléments constitutifs. Pour votre gouverne, sachez seulement que les dissonances se font reines, les larsens et autres accidents également, que le chanteur n’a désormais plus de gorge, et que la section rythmique est une centrifugeuse sans fin, option marteau piqueur, finition burin.

Étonnamment, de cet ensemble un peu bordélique porté par une belle rage, Death Engine arrive en quatre titres et à peine plus d’un quart d’heure à imposer sa personnalité sonore et stylistique et surtout à marquer au fer rouge les esprits. Cela m’étonnerait bien que l’histoire s’arrête là.

 

 

Artiste : Death Engine
Release : Amen
Date de Sortie : 20/06/2013
Label : Basement Apes Industries, Throatruiner Records, North Cult Records
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