Aujourd’hui, je chronique un disque étiqueté Constellation. Pire : un disque de POST-ROCK étiqueté Constellation. Mais ne fuis pas encore : ce disque est, à ma grande surprise, absolument excellent.

De toute la galaxie des historiques de Constellation, Do Make Say Think est une des formations que je connais le moins, sans doute à cause de leur légère distance avec les projets liés à Godspeed You! Black Emperor, les formations ne partageant, il me semble, aucun membre en commun. Et puis une de mes rares incartades en territoire DMST-ien, Other Truths, ne m’avait rien fait ressentir d’autre qu’une forte envie de bailler, pour peu que je m’en souvienne. Pour autant, sur des conseils d’amis et assez rassuré par la qualité des dernières sorties constellations (on prendra peut-être le temps de vous parler des magnifiques Saltland et/ou Jessica Moss), je me suis lancé dans ce nouveau Do Make Say Think, Stubborn Persistent Illusions. Et 8 ans après son dernier album, le groupe sort, il faut bien le dire, un album absolument remarquable.

D’accord, c’est un disque de post-rock tout à fait classique et qui utilise à peu près toutes les recettes du genre : des violons et des pédales d’effets, des morceaux longs sur un album long, beaucoup de montées en puissance et de crescendos… Ce Do Make Say Think ne réinvente clairement pas le genre, mais il n’en a pas la prétention. C’est juste un disque de post-rock extrêmement efficace et qui contient une quantité phénoménale de bonnes idées et de bons morceaux, un disque face auquel même des écoutes répétées révèlent encore des trucs très chouettes. Parce que en plus, loin d’être monotone comme le sont trop d’albums de post-rock actuel, il se paie le luxe d’être particulièrement varié sans pour autant sonner comme un catalogue de nouvelles idées.

Et quand même, il faut bien avouer que les morceaux sont extrêmement bien amenés et complètement prenants, tout simplement. De la déglingue totale du tubesque « Bound And Boundless » aux grattes très stylées de « As Far As The Eye Can See », on a droit à des compositions dans l’ensemble mémorables et passionnantes. On en dira pas beaucoup plus, puisqu’un disque aussi simplement bon ne mérite pas non plus des lignes et des lignes de rien, mais on se permettra quand même de conseiller ce disque même aux plus blasés par le post-rock, parce qu’un disque de post-rock pas chiant, en 2017, c’est déjà pas mal.