Voilà maintenant plus de vingt ans que Dying Fetus fait trembler la nuque des amateurs de violence jubilatoire et intelligente. Et après avoir notablement influé sur les codes du genre dans la deuxième partie des années 90 (la glorieuse période où Kevin Talley se tenait derrière les futs et où le groupe enfanta des imparables Killing On Adrenaline et Destroy The Opposition), la bande emmenée par John Gallagher continue son petit bonhomme de chemin à l’aide d’albums plus que respectables et de prestations live vengeresses.

Wrong One To Fuck With est le huitième album du groupe, le troisième avec ce line-up que l’on sent plus rôdé que jamais, et Dying Fetus y fait à peu près tout ce que l’on peut attendre de lui en 2017, pas plus, pas moins. La folie apportée par le côté grindcore des pierres angulaires citées précédemment est maintenant assez loin, et le groupe préfère creuser un sillon death metal fortement influencé par le hardcore (commémorons pour l’occasion la punitive reprise du Judgement Day d’Integrity, juste pour le plaisir). Mais là où un Suffocation peut commencer à lasser, les gars de Baltimore continuent de nous enchanter grâce à cette fameuse double compétence qui leur permet de passer d’une cavalcade sous perfusion de blast à un riff massue dévastateur, et cela sans broncher.

Du coup, on a beau savoir comment ça marche, on saute toujours à pieds joints dans cette marre aux canards bien trouble. Et cette fois on a encore de quoi y trouver notre compte, que cela soit dans le tournoyant introductif Fixated On Devastation, l’effrayant Reveling In The Abyss, ou le destructeur de mosh-pits que devrait représenter Ideological Subjugation en live. Et si la production léchée ainsi que l’ancienneté et la notoriété du groupe peuvent les faire passer du côté presque mainstream (c’est un bien grand moment vue la violence du machin quand même) de la sphère métal, nos trois poètes nous attendent toujours au tournant pour nous caler un break comme eux seuls ont le secret, faisant de chaque morceau ou presque une pièce de choix aussi violente que groovy.

Alors, on ne va pas se mentir, il est vrai qu’à force Dying Fetus recycle un peu le type de riffs et de structures qui font son fond de commerce depuis maintenant un bon paquet d’années. Cependant, et à l’instar de Lock Up ou d’Obituary également cette année, ils le font avec une telle maîtrise technique et un si grand savoir-faire structurel que la pilule continue de passer sans qu’on ne bronche de trop. Il en résulte un album qui ne fera pas date dans l’histoire, mais qui continuera de faire flotter fièrement encore un peu l’étendard du groupe au dessus du chant de bataille des musiques extrêmes.

Artiste : Dying Fetus
Release : Wrong One To Fuck With
Date de Sortie : 23/06/2017
Labels : Relapse Records
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