Oh, le nom bien relou à Googliser que voilà. Encore des gens qui n’ont rien compris à la communication ; pour un peu, on croirait qu’ils ne veulent pas devenir riches.


Riches, ces gens le sont en tout cas individuellement de nombreuses et brillantes productions, et aujourd’hui, avec ce premier disque, collectivement. E est rien de moins que le projet de Thalia Zedek (émérite chanteuse/guitariste auteure d’indénombrables disques tous projets et durées confondus, au milieu desquels on compte les cultes Come et Live Skulls, et plus récemment, le Thalia Zedek Band – et sache, pour ton information, que notre Dr. Somath est un enthousiaste de longue date, contrairement à moi, qui débarque un peu sur le sujet mais vais faire mon possible pour que tu ne passes pas à côté de ce truc), Gavin McCarthy (batteur de feu-Karate), et Jason Sanford (fondateur et multi-instrumentiste de Neptune) ; une sacrée brochette de pointures donc, et même un peu LE line-up fantasmatique pour un super-groupe de vieux noiseux de Boston.

Sur cette base, sachant qu’en plus l’affaire sort chez les épicuriens de Thrill Jockey, on s’attend logiquement à un noise-rock d’esthète, finement composé et interprété, un truc super excitant et électrique, tout en restant d’une intelligence folle et d’une maîtrise que seuls les vieux rescapés des 90’s aux doigts d’or atteignent aujourd’hui ; eh bien, c’est exactement ce dont il s’agit. E est un disque absolument fantastique, un machin fragile et ultra-vivant digne d’un classique des 90’s, ce qu’il serait d’ailleurs assurément s’il ne sortait pas dans notre bête décennie et sous un sobriquet aussi péniblement réduit.

Pour tout te dire, je trouve la Thalia Zedek en artiste solo folk assez pénible. Son timbre m’agace, et ses mélodies très répétitives ne me touchent absolument pas. Mais là, au sein d’un tel attelage instrumental – dont est d’ailleurs exclue la moindre basse, mais la complémentarité de la créative guitare de Zedek et de celle baryton bricolée par Sanford lui-même est si mécanique et aboutie qu’elle serait superflue – sa prestation se trouve particulièrement magnifiée, d’autant que le micro est largement partagé avec Sanford. Pour s’en convaincre, une écoute de la bien nommée Delicate Fingers suffit ; ce titre à deux vois synthétise toute la richesse du groupe, depuis son intro minimaliste toute de cordes et de toms effleurés à sa mutation en un crescendo électrique tourbillonnant, absolument divin. Une option plus immédiate de se faire happer par le disque et de foncer sur le tube électrique Candidate, dont les paroles, à sa sortie en novembre dernier, sonnaient d’ailleurs étrangement opportunes. Une constante sur toutes les pistes : un travail à la batterie absolument remarquable; fin, puissant, technique sans avoir l’air.

Voilà, je vais pas en dire plus, sache juste qu’il s’agit clairement, à nos yeux, d’un des meilleurs, voire du meilleur disque de l’année. Je te laisse alors avec le matos d’écoute là, juste en-dessous – ce qui mine de rien est déjà un beau cadeau, quand on sait comme retrouver le moindre lien relatif à un groupe qui s’appelle « E » peut être pénible.

Ah, et puis, sache aussi qu’une tournée européenne se prépare. Elle est même imminente, et pour une fois elle n’ignore pas la Franque, elle la gâte, même :

02. 10. 2017 / Le Sonic – Lyon, FR
02. 11. 2017 / L’Atelier du Neez – Juracon, FR
02. 17. 2017 / Le Magneto – Bayonne, FR
02. 18. 2017 / Le Bar’Hic – Rennes,Fr
02. 19. 2017 / L’espace B – Paris, FR w/ OvO & One Lick Less
02. 20. 2017 / L’Imposture – Lille FR