2019 a commencé, et personnellement j’ai toujours trouvé que le mois de janvier était une période de vache maigre pour trouver de beaux disques. Je ne sais pas si ce n’est qu’une impression ou si ça se vérifie au niveau de la quantité d’albums édités par l’industrie musicale, mais toujours est-il que j’en profite généralement pour me replonger dans des sorties qui me seraient peut-être passées au dessus en 2018. Et si ces rattrapages tardifs vont arriver, c’est pour le coup un disque sorti en 2019 que je chronique aujourd’hui, un disque sorti le 1er janvier, même. L’année commence donc avec ce premier album self-titled des américains de EDDYEVVY.

Voilà un album qui pour le coup aurait pu passer sous mes radars si je n’en avais pas entendu parler via des connaissances (et encore le mot est fort), quelqu’un ayant balancé un lien vers leur musique un peu au hasard : et lorsqu’on écoute, on tombe sur du rock totalement 90’s et ancré dans le shoegazing et ce que ça implique de pédales d’effets et de réverb’ partout. Et contrairement à ce qu’on pourrait craindre, c’est pour le coup beaucoup plus convaincant que le sombre groupe bandcamp paumé qu’on écoute ici ou là sans trop y accorder d’attention. Car si le style que joue EDDYEVVY est quelque chose qu’on a déjà entendu pas mal de fois, c’est suffisamment bien foutu pour qu’on y accorde un peu d’importance.

 

 

Je le disais donc, EDDYEVVY joue du shoegaze. Et quand je dis shoegaze, j’entends ici la partie la plus pop du genre, avec des guitares éthérées et lointaines, des mélodies légères malgré quelques envolées enragées. C’est d’ailleurs sur ces mélodies que ce disque se démarque un peu, tant elles paraissent évidentes et nous collent dès les premières écoutes, le chant sobre mais élégant de Micaela Loreto y étant sans doute pour beaucoup, un chant qui me rappelle mes chouchous de Solki, bien que les deux groupes officient sans doute de deux cotés différents de la pop dreamy.

Mais surtout, c’est la maturité du songwriting qui me frappe. Pas un morceau ne sonne comme du pur repompé de ses ainés shoegazing, et aucune chanson ne sonne, ne serait-ce qu’un instant, comme un brouillon. Et plus on s’enfonce dans l’album, plus c’est convaincant : si les débuts sont déjà plutôt sympathiques, avec un morceau comme “Even After” qui sonne un peu comme du Slowdive et un “All 4 Me” au final particulièrement bien branlé, c’est surtout la fin de l’album qui m’impressionne, avec des “Not Too Found” et “Spider” qui commencent comme des pop songs 90’s pour s’engager vers des chemins plus massifs et tortueux.

 

 

Finalement, le seul truc qui m’embête sur cet album, c’est que les quelques passages plus acoustiques, deux chansons courtes qui concluent les premières et deuxièmes parties de l’album, sont pour le coup mignonnes, mais beaucoup moins mémorables. Rien qui ne rende l’écoute du machin pénible, mais juste des petits instants moins intéressants, plus consensuels et qui me font un peu perdre le fil de l’ensemble. Après, je le soutiens, c’est quand même plus que de simples belles étrennes : j’ai plusieurs fois chroniqué des albums chinés par hasard sur bandcamp avec lesquels je n’ai finalement pas tissé de liens particuliers, mais il y a chez ces jeunes gens quelque chose de profondément attachant, et un sacré potentiel.