Curieux disque que voici.

Goldsmith est le premier album pas facile de ce jeune groupe de Chicago, qui évolue à la croisée de plusieurs tendances de ce que l’on appellera en première approche les musiques lourdes. Le groupe, lui-même, parle de rock, de sludge, de grunge, de mélodie et de riffs accrocheurs. « Accrocheurs » peut-être pour l’oreille avertie, mais le profane pourrait quand même légitimement se sentir caressé dans le sens inverse du poil.

La vérité, c’est que sur Goldmsmith, Escape Is Not Freedom semble tiraillé entre deux tentations : celle d’un post-metal noisy et allongé au sludge d’un côté, et celle d’un doom lent et mélodique (Annul, Dispossess, Harbinger). Et très clairement, on préfère la première version de la musique du groupe – c’est là que sa puissance et sa singularité s’expriment et s’apprécient le plus. Heureusement, c’est aussi la plus représentée sur ce disque dichotomique.

Sur la seconde facette de la musique du groupe, c’est un chant féminin un poil pompeux qui est à l’oeuvre, et c’est moins notre came. On comprend bien que le groupe cherche à adapter son répertoire à ses deux options vocales très distinctes, mais le résultat varie alors de l’agréable au pénible. Tout au plus ces compos servent-elles à aérer un disque par ailleurs très compact et saturé.

Concentrons-nous alors sur les 7 autres titres, plus excitants et intéressants. On trouve en effet dans cet enchevêtrement de riffs barbelés quelques perles assez remarquables, comme Sodium, Coriander, Morphine ou la bien-nommée Migraine. Ce qui frappe d’abord, c’est la lourdeur étouffante du tout, avec notamment un couple batterie/guitare qui sature l’espace sonore. Et dans ce galimatias (hey, pas de raison, GVAC se met aux standards présidentiels) de basses vibrations, se dessinent et s’emboîtent à merveille des motifs mélodiques, des croche-pattes rythmiques, des lignes de chant éructées, des dissonances baveuses et des grooves bien vicieux. Bref : tout ce qu’on aime pour vider une soirée et faire peur aux moustachus.

Concluons : Goldsmith est un disque pas dénué de défauts, mais tout à fait intéressant et localement réjouissant. Et Escape Is Not Freedom, un groupe à suivre.