L’espace et tous les fantasmes que ce grand inconnu peut susciter ont depuis longtemps inspiré le milieu du métal. On peut entre autres exemples citer les récentes pérégrinations solitaires d’un amiral Japonais dans les albums de Verdun, les paysages hostiles décrits avec brio par les Suisses de Darkspace, ou encore les fructueuses collaborations entre Celtic Frost/Triptykon et le papa de la créature d’Alien HR Giger.

Aujourd’hui, ce sont les Norvégiens d’Execration qui nous proposent d’embarquer à bord de leur capsule spatiale bien chahutée en direction d’un univers où la science et l’imaginaire se croisent pour mettre en musique ce qui pourrait se cacher de malfaisant derrière nos beaux ciels étoilés d’été. Et bien que le quatuor ne jouisse pas (encore, on l’espère fortement) d’une grande reconnaissance, il est loin de débuter dans l’exercice de ses fonctions puisque ce Return to the void est son quatrième album en dix ans d’existence. Ce dernier propose une musique plus directe et moins expérimentale que son aîné Morbid Dimensions, ce qui est la seule chose qu’on pourrait peut être lui reprocher mais qui permet en fin de compte au groupe de gagner en clarté et en impact.

En dehors de cette petite simplification de discours, Execration profite avant tout de cette nouvelle galette pour perfectionner son alliance de death et de black metal, alliance se nourrissant aussi bien de l’aspect progressif d’un Death ou d’un Voivod (auquel on pense d’autant plus souvent vu les thématiques évoquées), du côté dissonant des guitares de Morbid Angel, ou des charges assassines d’un Mayhem, pour se contenter de citer des pierres angulaires. En travaillant de tels mélanges (celui du death et du black donc, mais aussi celui du passé et du futur, ainsi que celui de la technique et de l’efficacité), le groupe s’est forcément vu comparer à leur contemporains Suisses de Bölzer. Les liens ne sont pas ténus musicalement il est vrai, et ce qui est certain c’est que l’on aimerait connaître bien plus de groupes d’une telle trempe, aussi sûrs de leur acquis qu’enclins à expérimenter avec la matière dont ils disposent.

La chose à retenir, ici, c’est que le groupe n’a jamais aussi bien su construire et faire évoluer des ambiances prenantes que sur ce nouveau disque. Les multiples écoutes ne rendent alors celui-ci que plus attachant et le travail abattu est vraiment impressionnant: les climax sont suffocants et chaque interlude ou break relance avec justesse la narration, et ce jusqu’à nous évoquer parfois Oranssi Pazuzu dans cette capacité à faire muter ses morceaux et à construire une oeuvre totale, si tu vois un peu le niveau. On en vient donc à remercier le groupe d’avoir un peu resserré les rangs pour aboutir à un album moins touffu et moins long qu’à son habitude. Pour finir, j’espère aussi que cette démarche et cette franche réussite leur permettront de happer un auditoire un peu plus conséquent que par le passé, auditoire qui pourra se délecter d’un des répertoires les plus intéressants dans le genre actuellement.

Artiste : Execration
Release : Return to the Void
Date de Sortie : 14/07/2017
Labels : Metal Blade Records
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