Trouble In Mind est loin d’être le label le plus hardcore auquel on puisse penser : je me souviens avoir posé quelques mots sur le dernier The Paperhead, plutôt sympa, ou être tombé sur un disque chiantissime de Mikal Cronin; donc du rock globalement psychédélique mais tout de même relativement gentillet et inoffensif. Alors quand le label annonce qu’il signe FACS, formation post-punk (en gros) dont la musique est plus proche de la violence de This Heat que du psyché californien, il y a de quoi froncer les sourcils. Mais finalement, on est face à un disque d’une qualité assez indéniable, donc on troque la surprise pour de la furie.

Même si j’ai zappé leur précédente sortie, les trois musiciens de FACS ne me sont en fait pas tout à fait étrangers, puisqu’on les retrouvait chez les très talentueux Disappears, formation dont on était restés sans nouvelles depuis quelques années. Si on reste dans le même domaine, à savoir du post-punk expérimental sombre, la grande différence est, justement, une teinte très légèrement psychédélique, mais d’un psychédélisme sombre. Et je n’utilise pas le terme pour désigner le genre musical, mais davantage pour évoquer la façon dont l’album sonne, à savoir de façon lourde mais pas brute, avec des guitares et des basses blindées de réverb’, et des claviers bizarrement cheaps.

 

 

C’est pourtant des références aux parrains du post-punk le plus expé qu’on pense le plus souvent, comme à la jeune garde. Si je pense souvent, je l’ai dis, à This Heat, comme sur Loom State, de loin mon morceau préféré du disque, j’entends également ici et là des références à des choses contemporaines, « In Time » évoquant le shoegaze indus de The Soft Moon, et généralement, le son brutalement synthétique de l’album m’évoque vaguement Suicide.

Au-delà de ces comparaisons (quelle horreur, le name-dropping), ce Lifelike a surtout cela d’intéressant qu’il livre une ambiance certes poisseuse, voir légèrement inconfortable, mais aussi et surtout cathartique et franchement pas consensuelle, ce qui est une excellente chose. Sombre, froid, très bien composé également, ce mini-album ne contient pas assez de morceaux marquants pour entrer dans mes sorties préférées de 2019, mais il reste un album plus que recommandable, et un bon fix en attendant que Disappears re-pointe le bout de son nez.

Lifelike est disponible depuis le 29 mars sur Trouble In Mind Records.