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Adulés à la sortie d’« I Don’t Care Where I Go When I die » par tous les geeks en mal de sensations forte, puis traînés à terre et conchiés par ces mêmes adorateurs sur « He Is Never Coming Back » pour avoir délaissé la folie permanente et tenter l’abattage par l’usure plutôt que par la décharge électrique, Gaza a la bonne idée de mettre tout le monde d’accord sur ce nouvel opus cathartique démontrant une maturité enfin atteinte.

Pourtant, ma première pensée fut « Pas de bol, c’est encore Kurt Ballou (Converge) à la prod », phénomène récurrent et rarement annonciateur de bonnes choses actuellement quand il ne s’occupe pas de son propre groupe. Au final, c’est là le premier coup de génie de ce No Absolutes in Human Suffering, un son précis mais toujours imposant sur les phases de furie qui devient carrément nucléaire quand le tempo se fait plus lent et les guitares pesantes. Le Panzer Gaza a enfin trouvé le son qui lui convient le mieux et il ne lui reste plus qu’à dérouler.

Ce qui nous conduit à notre deuxième coup de génie, la composition, intelligemment pensée sur deux échelles temporelles. La première échelle, la chanson elle-même, est toujours savamment arrangée, jamais rébarbative, tout est où il faut, comme il faut, et le temps qu’il faut. Mais quand on prend un peu de recul, l’album en lui-même a également été pensé comme un tout. Le combat commence comme du Gaza classique avec 15 changements de rythme à la seconde sur un tempo d’enfer, pour, quand on allait être définitivement schizophrène, devenir plus lourd et hypnotique, puis, avant le premier bâillement, la machine repart de plus belle, et ainsi de suite. Ca ressemble un peu à un mix techno bien géré au final, ce qui est plutôt fortiche pour du métal non ?

Mais qui dit structure réglée comme une montre suisse dit chef d’orchestre pas manchot. Et dans ce rôle, les deux mètres d’anorexie musculeuse du leader skinhead s’en tirent avec la palme d’acier. La jeunesse (surement) loin d’être dorée de ce colosse transpire dans tous ses textes et dans toutes ses prises de paroles, utilisant alors sa technique vocale parfaite pour transformer tout ça en un coup pied dans ton cul et ton cœur.

Preuve de tout ça s’il en faut, la chanson titre, servant plus ou moins de répit au milieu du disque : un riff plombé et entêtant comme la mort, une ambiance à couper au couteau, et une phrase en boucle bramée avec plus de conviction que Mitt Romney en meeting au Texas pour un résultat bluffant d’un groupe qui continue d’avancer en bande, laissant tout le monde très loin derrière.

 

Artiste : Gaza
Release : No Absolutes in Human Suffering
Date de Sortie : 31/07/2012
Label : Black Market Activities
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