Le Hellfest et GVAC / SWQW, toi-même tu sais : c’est une longue histoire d’amour.

Tous les ans, on y retourne et tous les ans, c’est le même panard. Non seulement le festival parvient à ne pas lasser, mais il perfectionne chaque année un peu plus sa formule. Depuis 2 ou 3 ans les choses sont bien stabilisées, que ce soit dans le volume et la variété de la programmation ou dans les infrastructures assez hallucinantes mises en place par l’organisation. Mais grâce à un parfait équilibre entre gestion de son patrimoine de groupes habitués et un renouvellement bienvenu qui passe par un écumage méthodique des pointures les plus indiscutables de tous les courants des musiques extrêmes, tout ça additionné d’une volonté constante de susciter la curiosité du public via quelques propositions ambitieuses sur les 4 scènes spécialisées, le Hellfest parvient à rester, et de loin, le festival «  » »métal » » » le plus excitant, le plus beau et le plus délirant d’Europe.

Donc voilà, on rempile avec grand plaisir en 2017, et pour tout te dire on est sacrément impatient. Et comme on sait que toi aussi, tu piaffes comme nous dans l’attente de ton ouikène préféré du mois de juin, on te propose, suite à un passage au peigne fin de la programmation, une fine sélection de ce qui nous semble incontournable dans les 200 groupes encore programmés cette année.

Tout ça scène par scène, parce qu’on n’a pas l’air comme ça, mais on est méthodique, nous aussi.

Allez, pose-toi, allume tes enceintes, sers-toi un godet et scrolle tranquillement. Juin, c’est déjà demain.

 

  • Main Stage 01

Les Main Stages ne sont pas nos lieux de prédilection au Hellfest, puisqu’on y croise au long de la journée à boire et à manger – d’ailleurs on y vient plus souvent pour boire et manger que pour headbanguer frénétiquement, les groupes de seconde zone occupant généralement l’espace jusqu’en début de soirée.
Mais c’est aussi là qu’on voit les plus improbables et/ou mythiques mastodontes des musiques dures, et on finit toujours par passer voir, en curieux, comment telle ou telle de nos marottes d’antan vieillit ; parfois même, on n’est pas déçu.

On retient cette année :

Ministry

Ça doit faire pas loin de 10 ans que le vieux Jourgensen promet que voilà, Ministry c’est fini – OK, je sors encore un disque ou je fais une tournée mais sans déconner, après j’arrête, je suis trop vieux de toute façon. Et c’est vrai qu’il est trop vieux, et rongé jusqu’à l’os à force de s’en mettre plein le cornet depuis 30 piges, et que ses derniers disques ne valent plus rien. Mais rien à faire, on est content de voir le vieux grigou à l’affiche, et on ira voir son concert, convaincu que son groupe de mercenaires thrash-indus assureront un set bien massif et efficace, à défaut de faire renaître la saleté et l’insanité des débuts.

Ugly Kid Joe

Encore des revenants californiens des 90’s, qu’en 2017 on ne s’étonnera même plus de voir débarquer au Hellfest. A la base ni spécialement fan ni réfractaire du répertoire du groupe, on a pourtant dû reconnaître que son disque de reformation, paru il y a deux ans, était très crédible dans sa relecture mature et proche d’un Alice in Chains de la musique qui a fait connaître le groupe. Reste à voir l’attitude du groupe sur scène mais franchement, pourquoi pas.

Prophets of Rage

RATM – Zach de la Rocha + B-Real + Chuck D. Sur le papier, le deal semble plutôt équilibré ; malheureusement les vidéos live et le premier enregistrement du groupe semblent indiquer un résultat plutôt pataud derrière la pourtant louable intention de faire fusionner les compositions de RATM, Public Enemy et Cypress Hill par un orchestre de quinquagénaires plus ou moins bondissants. A confirmer à Clisson donc, mais nous on choisit l’optimisme et on sera très heureux d’aller mater les premières prestations de rappeurs pure souche en plus de 10 ans de Hellfest (à supposer bien sûr qu’on exclue Fred Durst du champ des rappeurs, ce qui ne doit pas non plus sous-entendre qu’on le place dans celui des chanteurs, mais bref, essaie pas de m’embrouiller, comment on se retrouve à parler de Fred Durst, déjà ?).

Devin Townsend Project

Je ne sais pas pour toi, mais ça commence à faire un moment (depuis 2011 et la paire Deconstruction / Ghost pour être précis) que l’on a arrêté de suivre l’actualité discographique de Devin Townsend (Strapping Young Lad). Il n’empêche que le monsieur reste une des figures les plus charismatiques et bizarres du metal extrême, et que l’on peut s’attendre à quelques grands moments probablement entourés de longueurs prog ésotériques que seuls les plus geeks d’entre vous sauront apprécier. En parlant de geekeries d’ailleurs, on ira également jeter un œil sur le metal technique typé djent d’Animals as Leaders, bien que seul le premier album du groupe (paru il y a déjà huit ans) soit réellement supportable.

 

 

  • Main Stage 02

Textures

Que reste-t-il de nos amours ? À l’écoute du dernier album des Hollandais, Phenotype, manifestement et malheureusement plus grand chose. Pourtant, on se souvient un peu ému de la claque tordue et puissante que représentait Polars il y a plus de dix ans, de même que des deux (voire trois) albums qui ont suivi et qui apportaient habilement de la mélodie à la fureur. Depuis, les importants changements de personnels et les sirènes de la conformité auront eu raison de la singularité du groupe, l’entrainant progressivement dans les tréfonds de la seconde division. On se présentera donc à cette prestation comme si on allait reprendre un verre avec une ex, ce qui n’est pas non plus toujours une expérience désagréable.

Behemoth

En attaquant cet article, on comptait te dire que l’on passerait notre tour sur la prestation de Behemoth cette année, un peu lassés par un set plus ou moins inchangé depuis trois ans (The Satanist en entier, puis Ov Fire And The Void, Conquer All et Chant For Eschaton 2000 pour finir). Et puis en fait, il semblerait que l’on ait plutôt droit cette fois à un set best-of, ce qui ne peut faire de mal tant le répertoire des Polonais est efficace et la puissance dégagée galvanisante. À aller voir si tu es trop fragile pour Cryptopsy et trop de bon goût pour Baroness, en somme.

Slayer

Tu ne nous verras jamais te déconseiller d’aller voir Slayer, même si Bostaph était à la rue l’année dernière et que King était dix fois plus fort que Holt. Car si tu peux être tentés de te plaindre d’un énième passage des Américains à Clisson, n’oublie pas que le jour où ils ne seront plus là, on aura quand même l’air bien cons.

Prong

Voilà un autre groupe que l’on a beaucoup vu circuler ces dernières années mais que la présence sur l’affiche nous réjouit toujours autant. Tu peux t’attendre de la part de Tommy Victor et de ses sbires à un set puissant et tubesque qui accompagnera parfaitement ta pause déjeuner. C’est qu’en tant de crise, les valeurs sures ça a toujours du bon !

 

 

  • Altar

Superbe programmation pour la scène consacrée au death metal et au grindcore cette année, avec avant tout un vendredi de feu qui célèbrera la violence avec brio. Si le death metal n’est pas un genre prêt de se renouveler, on voit par le nombre de groupes de qualité encore sur les routes qu’il est cependant un style qui fait encore vivre la flamme (pas celle bleuc-blan-rouge des blackeux en plus) de ceux qui le pratiquent et de ceux qui l’écoutent, nous les premiers !

Putrid Offal / Mortuary / Vortex of End

Si tu la regardes de loin, tu peux penser que la scène metal extrême française s’est faite bouffer par la redite et le conformisme, coincée par l’envie de copier les grosses pointures internationales et le manque d’inspiration. Il reste néanmoins qu’en fouillant un peu, on rencontre un paquet de groupes qui jouent comme la mort et se battent jour après jour pour pratiquer une musique violente et anti-conformiste. Cette année, tu auras à Clisson un très bel apperçu de ce genre de groupes à la qualité certifiée, que cela soit avec le grind débile et jouissif de Putrid Offal, le death metal tout terrain de Mortuary ou le black énervé de Vortex of End.

Sick of Stupidity / Wormed / Exhumed / Autopsy

Ton vendredi au Hellfest cette année sera death metal ou ne sera pas. Et si on te mets ci-dessous en valeur ceux qui pour nous représentent les deux classiques incontournables de cette affiche poids lourd, il ne faudra pas oublier de profiter du reste. Avec Sick of Stupidity, Wormed, Exhumed et Autopsy, tu auras en tout cas le droit au comble du bourrin, à celui qui ne fait aucun compromis et ne laisse aucun survivant. Tu peux déjà prendre ton rendez-vous chez le kiné pour un examen post-traumatique inévitable.

Cryptopsy

Si les Canadiens continuent sur leur lancée, ils devraient nous proposer cette année un set consacré à leur album None So Vile, et ce pour fêter les vingt ans de sa sortie. Cet album représentant pour nous le meilleur disque de brutal death metal jamais sorti, tu te doutes que ta présence y est obligatoire. Et puis, bon, si ils se décident à nous servir des choses plus récentes, tu pourras toujours te délecter du jeu de batterie hallucinant de Flo Mounier.

Obituary

Tu as vraiment besoin d’un dessin là ? Obituary représente plus ou moins la quintessence de ce que peut être un groupe de metal. Présents depuis le début dans le game, la bande des frères Tardy possède une des discographies les plus mastoques du genre, discographie qu’ils continuent de parfaire même trente ans après la formation du groupe comme le prouve le petit dernier. Bien qu’un peu flemmard, celui-ci est tout de même plus efficace et attachant que tout ce qu’on a pu écouter d’autre dans le genre cette année. Alors, chausse ta meilleure casquette et ton plus beau bermuda, et viens te noyer un joint aux lèvres dans les riffs du groupe le plus cool du monde.

Crypt Sermon

Crypt Sermon est un groupe Américain actif depuis 2013 et qui, un peu comme chez Power Trip ou Eternal Champion, s’adonne un à un style vu et revu avec une telle facilité que l’on se demande si on ne préfère pas les rejetons aux parents. Ici, les gaziers arrivent même à nous faire aimer le doom metal à la Candlemass / Trouble / Cathedral: c’est te dire si ils sont forts.

Nails

Franchement, je n’ai pas compris l’engouement de l’intelligentsia hipster pour le You Will Never Be One Of Us de Nails sorti l’année dernière, dont l’écoute me fait à chaque fois basculer sur un album de Nasum ou de Rotten Sound avant même d’en être arrivé à la fin. On attend de cette prestation qu’elle nous fasse mentir, qu’elle nous montre réellement un groupe puissant et hargneux (à défaut d’être inspiré), et qu’elle nous rappelle qu’à la sortie d’Unsilent Death, on y avait cru à cette affaire.

Nostromo / Coroner

La Suisse est depuis les débuts un des plus beaux berceaux des musiques metal. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on te l’apprendra et si c’était le cas, tu profiteras encore plus de ce cru 2017 qui met en avant deux des pierres angulaires de ce cher pays neutre. D’un côté, c’est Nostromo qui viendra poser les valises de sa tournée de reformation pour nous prouver que le groupe est toujours aussi en place et que son grindcore saccadé reste un des fleurons du genre. De l’autre, ce sont les thrasheux chelous de Coroner qui survoleront une discographie flamboyante qui en fait toujours à l’heure actuelle un des groupes les plus passionnants ever. Rien que ça !

Si tu es de bonne humeur, on te conseille également de poser tes guêtres devant la bonne humeur et la sincérité des death-metalleux de Ghoul et des thrasheux cultes d’Hirax. Si tu es nostalgique de l’époque où Decapitated mettait tout le monde à genoux avec la formidable trilogie NihilityThe NegationOrganic Hallucinosis, tu ne pourras pas t’empêcher d’aller saluer ces Polonais désormais nettement moins inspirés. Et pour finir, si les valeurs sures c’est ton truc, une petite piqure de rappel de la classe légendaire d’Opeth sera également à ton programme.

  • Temple

En festivalier rôdé, tu connais désormais la recette qui fait la réussite de la Temple : une bonne louche de true black metal féroce, quelques ovnis à ne pas rater, un peu de post-black aseptisé et quelques bouffonneries pour faire vendre des cornes à hydromel. La programmation de cette année continue de creuser ce sillon, tout en nous promettant quelques moments de haute volée.

True black dawn / Valkyrja

En personne de bon goût qui préfèrera le black crasseux des origines à ses dérives symphoniques qui ont suivi, voilà deux groupes qui te conviendront amplement. Pas de chichi ni de compromis ici bas, dans cette antre ci tu es là pour te prendre un mur glacial en pleine gueule, et ce sans avoir droit de te plaindre.

Monarque

Tout aficionados de black actuel qui se respecte te dira la même chose: la scène Québecoise, c’est le must. Quand en plus on te fournit direct dans le bec un des groupes les plus sérieux de cette drôle de niche, ça serait un comble que de faire la fine bouche. Au passage tu iras d’ailleurs m’écouter leur sacré album Lys Noir, assez ultime dans le genre.

Wardruna / Corvus Corax

Cela fait quelques années que tu es habitué à voir passer sous la scène Temple un bon paquet de pitreries pagan qui rassemblent d’ailleurs plus de monde que n’importe quel groupe de black qui se produit au même endroit. Cette année ne déroge pas à la règle et on ne te fera pas l’affront de te conseiller Alestorm, Turisas ou Equilibrium. On est par contre assez sensible à la mélancolie et à la finesse de la musique de Wardruna, le groupe de Gaahl (Gorgoroth, God Seed) que tu connais surement pour sa musique de la série Vikings. Outre le côté rare de cette performance qui la rend forcément attractive, on reconnaît à cette troupe là une qualité certaine dans le travail des ambiances et une beauté enchanteresse à leurs mélodies. Quant à Corvus Corax, on salue leur côté précurseur et le fait qu’ils ne cherchent pas à mélanger leur musique traditionnelle à quelconque riff bateau de guitare. Cela reste de la musique à picole, mais elle a le mérite d’être honnête.

Arkhon Infaustus / Emperor

Voilà deux piliers du Black Metal présents pour ton grand plaisir. Et si il semblerait qu’il faille s’attendre à une prestation tout sauf rodée des Français d’Arkhon Infaustus pour leur grand retour, ça sera une autre paire de manches qui t’attendra avec Emperor. Les Norvégiens sont présents cette année pour jouer l’intégralité de leur second album Anthems To The Welkin At Dusk, un monument du genre qui a fait à l’époque transiter le black metal première mue vers une musique presque avant-gardiste, plus complexe mais tout aussi puissante.

Scour

Doit-on voir une coïncidence entre la fameuse affaire White Power de l’année dernière qui avait privé ce bougre de Philou Anselmo de Hellfest pour la première fois depuis longtemps, et son retour cette année dans un groupe black metal ? Possible ! Toujours est-il que ça permettra avant tout de prendre une leçon par les musiciens qui l’accompagnent dans ce projet, les gaziers étant tous des monstres de technicité ayant participé à d’autres groupes aussi incroyables que Pig Destroyer, Decrepit Birth, Cattle Decapitation ou encore Hate Eternal. Même si il s’emploie à jouer un black metal des plus classiques, ce beau monde devrait t’assurer un set des plus compacts, tout ça pendant que Papi Philou finira de perdre ses derniers restes de cordes vocales.

En bonus, deux valeurs sures qui font le taf, Belphegor et Marduk, un groupe chelou que l’on est pas encore capables de juger, Dodheimsgard, et deux fleurons du post-black Français que l’on aimerait bien voir nous convaincre enfin : Déluge et Regarde les Hommes Tomber .

 

 

  • Valley

Primus

Ça fait quelques années qu’on l’a compris : aujourd’hui tout est possible au Hellfest, et en particulier l’apparition de pointures des années 90, pas forcément classées métal ni hardcore ni keupon, mais qui en tout cas n’intéressent plus depuis longtemps les festivals généralistes. Après Jane’s Addiction et Refused l’an dernier, ou encore Faith No More, Soundgarden, Sleep et Kyuss si on remonte un peu plus loin, on aura cette année le plaisir de se manger un set de Primus. Groupe unique et sans âge, Primus évolue quelque part entre psychédélisme, rock progressif et folk surréaliste et convoque des univers aussi éloignés que ceux de Zappa, Tom Waits ou Peter Gabriel. Sur scène, le groupe impose des niveaux de technique, de classe et de singularité sans équivalent, alors même si tu connais pas ou penses que ça n’est pas pour toi : ne rate pas ça.

Monster Magnet

A chaque prestation, qu’elle soit live ou enregistrée en studio, Monster Magnet rappelle inlassablement depuis 30 piges que les patrons du space-stoner, c’est eux. Et ce n’est pas ceux qui ont assisté à leur sévère mise à l’amende du public de la Valley en 2014 qui diront le contraire ; une sanction identique est attendue cette année, impatiemment.

Electric Wizard

Leur dernier passage au Hellfest était comme leur dernier album, très décevant. Du coup, With The Dead (à la fois descendant et némésis du groupe) leur a indirectement mis la branlée l’an dernier. Mais voilà, difficile de ne pas redonner sa chance à un groupe de la trempe et de l’importance d’Electric Wizard, alors on t’en dira tant.

Helmet

Voici un des derniers piliers des 90’s à n’être encore jamais passé au festival, donc cette présence nous met en joie. Alors OK, depuis maintenant 13 ans Helmet n’est plus que Page Hamilton entouré de petites frappes qui pourraient être ses fils, et OK les disques enregistrés depuis n’ont pas le panache des classiques des années 90, mais Helmet n’en reste pas moins une éminence en matière de riffs syncopés et de songwriting savant sans en avoir l’air. Personne ne sait balancer dans une même compo un riff « si énorme qu’on pourrait le dessiner », une mélodie faussement niaise et un solo jazz-noise complètement pété comme Page Hamilton. Et à bientôt 60 balais, tu pourras constater qu’en live, passés quelques morceaux de mise en chauffe, papy en a toujours sous le pied.

Slo Burn

Autre habitude réjouissante du Hellfest : proposer, méthodiquement, les reformations de tous les groupes de John Garcia. Après les inoubliables sets de plus-ou-moins Kyuss il y a quelques années, nous assistâmes charmés aux imparables prestations de Unida puis Hermano l’an dernier. Cette année, ce sont les éphémères Slo Burn qui reviennent, pour un set dont on ignore le contenu exact dans la mesure où le groupe ne dispose officiellement que de 4 compositions (et officieusement de 5 supplémentaires).

Chelsea Wolfe

Excellente surprise de cette programmation 2017, Chelsea Wolfe fait clairement partie des projets les plus inattendus invités par le Hellfest en plus de 10 ans, aux côtés de Wovenhand, Sunn0))) ou Puscifer. On apprécie donc à la fois la volonté d’ouverture de la programmation toujours renouvelée de l’équipe du festival, et le fait de pouvoir enfin voir la jeune femme sur scène, dans des conditions qu’on imagine idéales : Valley, fin de soirée et – malheureusement – un public probablement clairsemé. Car c’est la rançon de l’audace des programmateurs et de l’engouement toujours plus grand du (grand) public pour le Hellfest : la foule a de plus en plus tendance à s’agglutiner aux abords des grandes scènes, plutôt que de s’aventurer devant les concerts les plus improbables. Tant mieux pour les présents.

Mars Red Sky

Programmé une première fois aux aurores (10h30) et devant le public restreint que ça implique en 2014, Mars Red Sky est cette année reprogrammé à un horaire qui illustre bien la prise de galons progressive et continue du groupe dans le petit milieu stoner : fin d’après-midi, carrément. Voilà qui donnera l’opportunité à plusieurs milliers de barbus de se repaître de leur stoner haut de gamme, à la fois pop, doom et psyché, superbement composé et dont on ne se lasse jamais de chanter les louanges (dernier exemple en date).

Clutch

Après avoir rien de moins que lancé leur carrière en France, le Hellfest peut maintenant se targuer de compter Clutch parmi ses habitués. Aucune originalité donc, ni dans le choix de programmation – le groupe tourne énormément – ni dans la musique – stoner bluesy haut de gamme – mais une efficacité maximale garantie.

Ufomammut

Voilà encore des habitués du festival, et des gens qui proposent plus ou moins toujours le même concert et le même album. Mais leur doom-métal allongé au drone est exécuté avec une telle puissance et un tel savoir-faire qu’ils font mouche à chaque fois. Inratable.

Enfin, on tâchera de ne pas rater le doom romantique et un poil sirupeux de SubRosa, et l’enfer post-metal de Verdun, pavé de bons riffs et hurlant sa haine du fond de sa tranchée (désolé).

 

 

  • Warzone

La Warzone n’est pas la scène devant laquelle on passe le plus de temps, dans la mesure où on préfère traîner nos carcasses de début de journée devant le tout venant stoner/death/black que devant des banalités punk/hardcore ; question de sensibilité.
Reste que depuis l’an dernier, cette scène est très clairement devenue la plus cool du festival (pour les photos, pour le point de vue, pour l’espace apéro et enfin pour la présence rassurante de ce gigantesque Lemmy d’acier et de béton), et qu’on ne manque jamais les concerts exceptionnels qui s’y déroulent, au moins une fois à chaque jour de festival que le diable fait.

Cette année, on note tout particulièrement dans notre agenda :

The Dillinger Escape Plan

On ne t’apprend rien : le groupe est en pleine tournée d’adieux, à la suite d’un dernier album magistral, et comme il s’agit plus ou moins du groupe de hardcore le plus sensationnel et spectaculaire que le hardcore new-school ait enfanté, ce dernier concert en territoire clissonnais est évidemment inratable. Comme chacun de ses concerts depuis une vingtaine d’année, attends-toi à ce que ce dernier tour de piste saccage méthodiquement ce qu’il reste de ton corps et des chances de se distinguer des groupes ayant le malheur de jouer le même jour qu’eux.

Suicidal Tendencies

On ne sait pas combien de temps Mike Muir va encore tenir, à arpenter à plus de 50 balais les scènes de long en large, occupé à fister l’air et scander des refrains à un mot le crâne serré de son inamovible bandana, mais on sait qu’il est entouré d’un groupuscule de tueurs qui fait mouche à chaque fois. A voir tant que y’en a, donc, et plaisir joyeux garanti sur facture.

Candiria

Revenu d’un foutu accident de van et d’une subséquente longue période flottement, Candiria a publié l’an dernier un impeccable disque de Candiria-core, c’est à dire un vaste mélange de hardcore, d’émo-prog et de subtiles torsions jazz. Quelque chose pas au goût de tout le monde donc, mais un truc rare et  singulier, donc à ne pas rater à Clisson.

Trap Them

Le groupe sonne sur disque comme un ersatz de Converge en moins pointu et moins inspiré, certes. Mais il se dit aussi que le groupe botte des culs par rangées de 12 sur scène, et on a envie de croire que certaines anecdotes ne trompent pas sur la vraie valeur des gens.

Enfin, même si ce n’est pas franchement notre tasse de thé, on ira volontiers jeter un œil à Rancid, le groupe étant aussi rare en Franque qu’il est une référence inaltérable du punk américain.
On essaiera également d’apercevoir les sympathiques Comeback Kid, toujours impeccables en live, ainsi que les tourangeaux de Verbal Razors, qui ont pour eux de pratiquer un excellent crossover thrash depuis la région Centre-Val de Loire, ce qui équivaut plus ou moins à un vigneron qui façonnerait un excellent Chinon sur les hauteurs de Los Angeles, et mérite donc l’attention des plus curieux.