Tu as prévu de mosher tout l’été ? Alors tu as frappé à la bonne porte.

Avec son troisième -et meilleur- album, Incendiary se propose d’alimenter ton été en riffs, grooves et autres gimmicks NYHC 90’s de qualité supérieure, et ce pour la modique somme de ce que tu dépenses habituellement pour écouter un disque, c’est à dire autour de 0 dollars (plus si affinités).

Tu disposes de peu de temps, entre tes séances de musculation dorsale et tes brunchs vegans ? Fort bien, le disque n’aligne que 28 petites minutes, principalement composées de muscles ; l’indice de masse graisseuse de la musique d’Incendiary étant en effet parfaitement sous contrôle.

Bon, si on arrête deux secondes de rigoler : Incendiary vient de sortir une véritable bombe de hardcore métallique à la new-yorkaise, qui se repose évidemment sur les solides bases de tous les Madball, Agnostic Front et Biohazard de la grosse pomme, mais avec un goût particulier pour le ralentissement meurtrier et la dissonance qu’on retrouve chez les Indecision, 108, Helmet, Only Living Witness, Vision of Disorder et autres balèzes qui n’oublient pas l’espièglerie. Autrement dit : complètement ma came. Indépendamment de cette attirance particulière que j’ai pour ce hardcore biaisé, je pense pouvoir te certifier l’excellente tenue de ces 10 petits brûlots impétueux qui forment Thousand Mile Stare.

Certes, on pense immédiatement NYHC à la découverte de ce disque. Cependant, ce qui fait son sel et sa singularité (relative hein, ça reste du hardcore métallisé), c’est tous les éléments qu’on retrouve à parts variables dans chacune des compositions de ce disque : du thrash voire du death dans les riffs les plus véloces ou escarpés (pense à la vibe Vision of Disorder), quelques vrilles noise ça et là, des pointes de vitesse punk, des plans martiaux voire triomphants vite brisés par des breaks tortueux, quelques grooves de mammouths et des réflexes hip-hop dans les phrasés. Chaque composition est hyper-structurée, avec une dynamique générale façon fusion / crossover bien agréable ; voilà enfin un groupe qui ne chiale jamais et ne recherche pas la noirceur ni à nous hypnotiser à tout prix. Ça bosse, ça construit et le résultat a de la gueule et une sacrée efficacité. Cette absence de relâchement entraîne en tout cas un rythme soutenu d’enchaînement de plans, et c’est ce qui est assez impressionnant dans ce disque manifestement composé par des gens chevronnés et qui savent ce qu’ils veulent.

Comme toi, en fait.