j-c-satan

Avant même la sortie de ce nouveau LP, il s’est dit beaucoup de choses sur le nouvel album, sans titre, de J.C. Satàn. Entre une couverture de New Noise et une standing ovation de la part de toute la presse (plus ou moins) spécialisée, une certaine excitation s’annonçait pour un groupe qui, malgré un certain nombre d’EPs et de singles sortis ces dernières années, n’avait pas sorti de véritable LP depuis trois ans. C’est d’autant plus intéressant que le dernier-né du groupe, Faraway Land, était finalement une petite bombe, un sacré barouf hard rock/garage/punk psyché.

Si j’ai toujours eu une confiance un poil aveugle envers les albums faisant la quasi-unanimité dans la presse, je me méfie plus que tout de la hype. Et pas de doute, J.C. Satàn est LE disque hype du moment. Chroniqué chez les ritals, les anglais, et la totalité de la presse musicale francophone, de The Drone à Tsugi, il sort chez une écurie certes prestigieuse, mais pour laquelle j’ai toujours quelques réserves : Born Bad Records. En effet, si je ne peut que m’incliner devant l’incroyable travail d’archéologie du label et la qualité musicale et historique de ses rééditions et compilations, je ne peux m’empêcher de trouver leur catalogue actuel un peu hésitant, entre les guignols rigolos de Cheveu, le très intéressant travail de Violence Conjugale, ou encore l’épuisant groupe pop mainstream La Femme. Mais les néos-Satan n’ayant, à ma connaissance, jamais rien sorti de profondément mauvais, et leur dernier maxi Italian Summer représentant une intéressante prise de risque, je me doutais bien que ça allait être kiffant.

Et effectivement, chaque écoute de ce nouveau disque nous conforte dans l’idée que ce nouveau disque, sans être la folie promise, est quand même un peu ouf. Non content d’exceller dans ce rock garage foufou, la bande de Arthur Satan se plonge dans de nouveaux territoires. Ainsi, il faut signaler que les ballades sont plus enchanteresses que jamais. Ingrid est une jolie petite douceur portée par un violoncelle rafraîchissant, et surtout, Ti Amo Davvero est une magnifique chanson d’amour, mélodiquement folle, où la langue italienne, certes méconnaissable, est irrésistible. C’est d’autant plus un exploit que, malgré sa courte durée, le disque est d’une cohérence assez remarquable, toutes les chansons s’emboitent et chaque track semble être une réponse à la précédente.

Pour le reste, J.C.Satàn fait du J.C.Satàn. Et dans l’ensemble, soyons clairs, il le fait bien, voir même encore mieux que d’habitude. Ainsi, l’ouverture Satan II, bien que sans surprises, fonctionne particulièrement bien, et le reste du disque s’enchaîne parfaitement : le bizarroïde I Could Have Died, le très puissant Don’t Work Hard, et surtout la dernière track, qui agit comme un shoot d’adrénaline sur un disque qui semble ralentir le tempo, pour se la jouer fine sur ses dernières pistes. Je suis en revanche beaucoup moins convaincu par un Dialog With Mars assez plat, et par un Waiting For You certes fun, mais qui traîne en longueur, s’éternisant sur près de 7 minutes.

Ainsi, si J.C.Satàn n’a pas sorti un disque monstrueux, le LP reste un gros sac de fuzz, un paradis de rock où les basses pètent des colonnes de marbre, où le Rated R de Queens Of The Stone Age s’offre une formidable baise avec DFA 1979 et le crew de In The Red. Autrement dit, si tu aimes le son massif et lourd, tu kifferas ce skeud, et tu kifferas leurs concerts, réputés pour offrir une toute autre expérience.