De toute façon, pourrait-t-on vraiment détester un mec qui se fait appeler King Dude ?

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Non, certainement, même si celui-ci produisait des ballades inspirées par Stereophonics. Heureusement pour nous, l’Américain auquel je m’intéresse aujourd’hui a plutôt un penchant pour les tréfonds ténébreux de l’âme et est auteur d’une folk gothique ayant pour plus proche parent Death In June et Sol Invictus. Et si l’idée d’un revival néoflok ne me faisait guère bander quand on a commencé à entendre parler du King en 2010 avec le magnifique Tonight’s Special Death, une écoute seulement avait vite dissipé les doutes d’une énième fumisterie tendance.

Depuis, le Ryan Gosling des goths a enchaîné les albums de très bonne facture, écrivant quelques hymnes imparables (Lucifer’s Light Of The World, Born In Blood, Please Stay (In The Shadow Of My Grave), pour citer les intitulés les plus classes) avant de signer son premier disque moyen l’année dernière avec Fear. Dans ce dernier, le dandy tentait de s’éloigner d’une darkfolk noyée dans l’éther pour proposer une musique plus rock qui devenait par la même occasion plus stéréotypée et moins envoûtante. Sur Songs of Flesh & Blood – In The Key of Light , celui qui se nomme en réalité T.J. Cowgill ne fait pas marche arrière, bien heureusement, mais aura eu le temps de peaufiner son art, et de rapporter sa patte au premier plan.

Plus que jamais, la voix et les intonations de l’Américain sont un condensé de tous les chanteurs les plus classes du monde, je veux parler de ceux qui ont la voix grave et qui pourraient avec celle-ci te piquer ta meuf en deux coups de cuillère à pot. Des preuves par l’exemple ? L’introductif Black Butterfly pourrait avoit été composé et interprété par Mark Lanegan tandis que les sublimes ballades gothiques et romantiques Deal With The Devil et Death Won’t Take Me rappellent par plusieurs points le Nick Cave période Murder Ballads. De manière générale et comme depuis le début, on pense souvent à Johnny Cash à l’écoute de King Dude et on retrouve souvent les intonations néofolk originelles, comme sur ce Desolate Hour qui rappelle également le chamanisme pénétrant de Michael Gira. Je te l’ai dit, King Dude est un condensé de tous tes chanteurs préférés, et on va pas se priver d’une nouvelle belle voix à faire écouter à sa mère les soirs d’hiver. Car oui, en ouvrant son spectre d’influences, la musique de King Dude se fait plus accessible et saura parler à un plus grand nombre. Tant que ça reste par la voix de si belles chansons aux orchestrations plus variées qu’auparavant, on ne va pas se plaindre.

Si King Dude t’était jusqu’ici inconnu et que le satanisme ne te donne pas de boutons, commence déjà par les deux, voire trois premiers disques du monsieur avant de revenir vers celui-ci. Si King Dude fait déjà parti pour toi de ces phares du bon goût dans l’océan de conformisme actuel, dis toi que ton chouchou a encore fait mouche et que ça fait grave pleasure (pardon!).

Artiste : King Dude
Release : Songs of Flesh & Blood – In The Key of Light
Date de Sortie : 30/06/2015
Label : Not Just Religious Music
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