On connaît Le Réveil des Tropiques depuis déjà pas mal de temps, avec un premier album déjà fort réussi sorti en 2012. Et puis quand bien même on ne connaît pas le groupe, les messieurs qui le composent nous sont déjà familiers, aussi bien pour leurs projets solos que pour leur participation à un paquet de groupes qu’on connaît au moins de loin. Citons au moins l’appartenance de Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul à Oiseaux-Tempête, collectif/groupe de post-rock qui enchaîne les albums monstrueux depuis quelques années.

 

 

Pourtant, si le premier album du groupe et le CV de ses musiciens peut faire penser à un album de post-rock un peu tendu et rentre-dedans, ce nouvel album s’éloigne un peu de ce qu’on attendait. En effet, Big Bang, qui sort chez les très recommandables Music Fear Satan, c’est quatre pistes s’étendant sur, grosso modo, une dizaine de minutes, avec des influences krautrock, noise rock, voir space rock joué à 200 à l’heure (et pas que pour le titre de l’album, fort bien choisi, ou sa pochette). Concrètement, c’est puissant, répétitif et prenant, c’est du post-kraut-noise qui démonte, avec la batterie métronomique de Arnaud Rhuth et les claviers de Mathieu Philippe de l’Isle qui apportent un peu de paradis dans cet enfer.

L’album, très richement produit, est un roc un peu compliqué à prendre. Quatre improvisations qui te crachent de la space motorik dans la tronche, ça fait pas dans la dentelle et ça en a conscience. Visiblement improvisées (pour le meilleur), les pistes s’enchaînent et sont variées, avec des passages nettement plus marqués ambient et des pistes qui n’hésitent pas à faire parler les grattes blindées d’effets, à l’image du premier morceau, ou le décidément très réussi final “Hypernova”, complètement barré. Si il fallait mettre un petit bémol, il viendrait des passages plus contemplatifs de l’album qui sont légèrement moins excitants que les tueries qui laissent vraiment parler les six-cordes. Mais où est le problème, si l’album reste cohérent?

L’important, c’est que, quelque part entre Neu! et le dernier Swans, Le Réveil Des Tropiques révèle enfin un potentiel tout juste aperçu sur leur premier disque. Et laisse deviner une sacrée puissance scénique, déjà aperçue dans les projets précédents des messieurs. Pour moi qui n’aurait pas forcément la chance de les voir, faites moi honneur et foncez vous latter la gueule contre leurs murs de sons. Thanks.