Artistes : Sheik Anorak, Papier Tigre
Salle : FGO-Barbara (Paris)
Date : 24/02/2017
Photos : Iphone de Pauline, sauf la première

J’ai beau suivre ces deux formations depuis un bon paquet d’années, ce n’est plus ou moins que la veille de l’évènement que j’ai tilté sur l’occurrence de ce concert, réjouit alors par la perspective de se réchauffer les oreilles et le cœur en ce mois de février somme toute frisquet. On s’attendait cependant à se sentir un peu seuls dans cette belle et grande salle qu’est le centre FGO – Barbara, craignant les effets d’une promo un peu faible dans le milieu noise-math-rock panaméen. Ces craintes furent très vites envolées une fois sur place, et tous les éléments étaient alors réunis pour se la couler douce en terres sautillantes et répétitives.

C’est Sheik Anorak (aka Frank Gaffer), que je t’ai déjà présenté par deux fois dans ces pages à l’occasion des albums Let’s Just Bullshit Our Way Through et Keep Your Hands Low, qui ouvre le bal. Autant te dire que c’est pour lui qu’on est là ce soir, et que je vais plutôt m’attarder sur sa prestation que sur celle des Nantais de Papier Tigre. Comme ça tu es prévenu.

Le set de notre homme orchestre (quand tu fais gratte + batterie + chant en même temps, je crois que le terme est plutôt bien approprié) est un vrai régal et se compose principalement de nouvelles pièces, bien que l’on reconnaisse sur la fin du set des morceaux tirés des deux albums précédemment mentionnés. Sheik Anorak est un projet qui se bonifie au fil du temps et des améliorations techniques apportées au set-up. Niveau prouesses, on peut te citer l’emploi de triggers sur la batterie pour les morceaux aux sonorités les plus électroniques ou l’utilisation de nombreuses boucles de guitares (toutes réalisées live) permettant par moment à Frank de se concentrer sur la batterie et le chant tout en faisant évoluer les parties guitares. Je te laisse imaginer comme tout ça est rude à maîtriser, mais la démonstration aperçue ce soir là fut bluffante.

En plus d’être techniquement scotchant, la force principale de Sheik Anorak est de pouvoir mettre cette palette pas donnée à tout le monde aussi bien au service de chansons (tu sais, des trucs avec des mélodies et des structures accrocheuses) que pour créer des phases plus répétitives et prenantes. Tout cela donne un set varié dans lequel on rentre avec une facilité déconcertante sans décrocher ensuite une seconde notre attention de ce musicien unique en son genre.

Après, il y avait Papier Tigre, et il est quasi certain que si mon collègue Mattooh avait été à ma place ce soir là, ce report aurait une toute autre tournure. Mais là, j’ai beau retourner la question dans tous les sens (bon, vite fait je te l’accorde), après l’excellent set que je viens de te décrire, celui passé en compagnie du trio math-pop fut juste sympathique. Alors oui, les mecs sont grave cools et ont gagné leur place à la sueur de leur front et de tournées à répétition. Mais personnellement, plus rien ne me touche chez eux, et j’ai l’impression de voir le même concert à chaque fois. Les chansons sont cools (surtout celles de The Beginning And End Of Now), les gaziers jouent bien, le set est rodé et travaillé, mais je n’y trouve ni originalité débordante ni vraie efficacité mélodique. C’est surtout dommage pour moi, tu me diras, mais on pourra pas dire que j’ai pas essayé.