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La galaxie The National n’a jamais été aussi dispersée. Pendant que Bryce Dessner sort des disques avec Johnny Greenwood et compose la B.O de The Revenant avec Alva Notto, Matt Berninger forme l’adorable projet EL VY. C’est désormais au tour de la section rythmique de The National, soit les frères Scott et et Bryan Devendorf, de se lancer dans un nouveau projet, accompagnés par Ben Lanz, membre de Beirut et collaborateur de Sufjan Stevens.

 

La musique de LNZNDRF n’a pourtant pas grand chose à voir avec celle des formations et des artistes sus-cités. LNZNDRF joue une musique complexe, parfois un poil bruitiste, écartelée entre kraut-pop et post-rock plus contemplatif, entre mutations rocks et downtempo. En somme, on retrouve l’urgence de The National, le perfectionnisme de Beirut, mais dans un style maximaliste, où les couches de synthétiseurs rencontrent les mélodies de six-cordes. Comme si, libérés des canons et des gimmicks de leurs racines, ces musiciens pouvaient enfin se laisser aller à des folies.

Enregistré en moins de trois jours dans une église de Cincinatti, l’album a ses ratés. En grande partie improvisées, les compositions s’éparpillent parfois dans des intros bien trop longues, des breaks sur le fil du rasoir, et on croise une poignée de véritables fautes de goût (on a bien du mal à se plonger dans «Monument», plombée par un chant auto-tuné fort peu à propos) rappelant le pire de BEAK>. Mais voilà, il faut bien avouer qu’on ne s’ennuie sur aucune des 8 tracks de l’album, et que chaque morceau a son âme, son intérêt, du contemplatif «Future You» à «Samarra», conclusion terriblement sombre.

Surtout, il y a, dans la parfaite harmonie qui règne entre les trois musiciens, un côté jouissif. Chacun d’entre eux, dans presque chaque morceau, sait se ménager ou se mettre en avant. En témoignent la ligne de basse dantesque du très pop «Kind Things», la batterie métronomique immédiatement reconnaissable de «Beneath The Black Sea»… L’ensemble atteint même des sommets inattendus avec la géniale «Hypno-Skate» et surtout avec «Mt Storm», qui s’impose comme le morceau le plus massif du disque. 

 

LNZNDRF ne s’impose évidemment pas comme un grand disque, mais il parvient sans difficulté à s’imposer comme une véritable anomalie, une petite perle imparfaite. LNZNDRF, c’est l’histoire de trois musiciens qui composent un bel album. Habituel, donc indispensable.