En voilà un vrai, d’album découvert par hasard. Juste une pochette matée sur Facebook. Une pochette faite de rouge, de blanc, d’une tracklist indiquée sur la partie frontale (un truc qui attire souvent mon attention) et une photographie d’un rocher en noir et blanc, façon Renger-Patzsch. Des lettres sèches, imposantes, livrent le nom du groupe et du disque : De Facto, de Lorelle Meets The Obsolete. Alors j’ai écouté, et j’ai lu quelques choses ici ou là, bien sûr, mais cette rencontre avec De Facto reste avant tout pour moi l’histoire d’une rencontre fortuite, hasardeuse, avec un groupe dont j’ignorais tout à fait l’existence et qui a toutefois livré un des meilleurs albums que j’ai écouté en ce début d’année.

 

 

Revenons plus tôt, à cette expérience d’écoute. Tout, dans cette pochette, m’indiquait une sorte d’album d’ambient ou de drone, et si le premier morceau, le très expérimental “Ana”, un des meilleurs titres, qu’on pourrait croire sorti du dernier album de Low, est dans cette veine, le reste n’a rien à voir. Car le reste de l’album est apparemment plus proche du reste de la carrière de Lorelle Meets The Obsolete, à savoir du rock psyché bien trempé chanté ici en espagnol, le duo (composé Lorena “Lorelle” Quintanilla et Alberto “The Obsolete” González, même si d’autres gaillards sont venus épauler les deux musiciens) venant tout droit du Mexique et sortant aujourd’hui leur troisième album à l’échelle internationale.

Si cet album, apparemment, laisse plus de place à l’éléctronique dans leur musique, cela reste un pur album de ce qu’on pourrait appeler vraiment largement le “psyché”, du rock aux textures entêtantes et chaleureuses. Ici ou là, à l’écoute, se dessinent surtout des accents shoegazing, heavy psych, krautrock même le temps du génial “Unificado”, morceau au long cours et au riff de clavier entêtant qui est un plaisir immédiat. 9 morceaux sur lesquels on pense aussi bien à certains titres de TOY (dont il me tarde également d’écouter le dernier album), à Camera ou à Spacemen 3, ou il se passe donc pas mal de choses et qui, sans passer du coq à l’âne, savent bien varier les plaisirs, du shoegaze adorable de “Acción Vaciar” aux rythmes latino de “Lux, Lumina” ou le rock très 90’s de « Resistir ».

 

 

Surtout, le groupe me surprend par sa maîtrise sonore impressionnante. Ce n’est pas un premier album, c’est vrai, c’est le cinquième en tout, mais je suis totalement conquis à la fois par la richesse mélodique et la précision du son que dégage cet album, et j’ai l’impression de découvrir un nouveau riff génial, un nouvel effet de post-prod impressionnant, à chaque fois que j’écoute de nouveau l’album, à tel point qu’il fait, je pense, partie de ces disques que je semble redécouvrir à chaque fois que je les écoute. En somme, je n’ai pas grand chose à dire de plus sur cet album, d’ailleurs si mes chroniques sont plus longues dernièrement c’est aussi sans doute parce que je m’emporte et que j’en dis trop, je préférerais donc m’en tenir là cette fois ci. Je dirais juste que De Facto est un album sombre, riche, impressionnant, sans doute la première vraie grosse sortie psyché de l’année, et la révélation d’un groupe que je prendrais désormais la peine de suivre avec assiduité.

 

De Facto est disponible depuis le 11 janvier 2019 chez Sonic Cathedral.