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On sera tous d’accord, voilà bien un groupe que l’on avait oublié. Il est vrai qu’après huit ans d’une hyperactivité constituée d’un nombre impressionnant de sorties introuvables, les américains n’avaient plus donné aucun signe de vie. Il est aussi vrai que dans tout cela, il n’y avait que Boss, sorti en 2007 et produit par Lee Ranaldo (Sonic Youth), qui avait vraiment marqué les esprits. On prendra d’ailleurs un malin plaisir à se remémorer le Last of The Lemach Line ci-dessous, réel chef d’œuvre d’urgence désespérée.

Ils l’ont dit eux-mêmes, à force de sortir tout et n’importe quoi, le duo (redevenu trio désormais) s’est épuisé, et ce aussi bien physiquement que créativement. Bref, ils ont chacun fondé une famille que l’on imagine bien proprette avant de remettre le couvert cette année avec ce Surrender To The Fantasy.

A quoi bon, pensez-vous ? Bonne question. Qu’avec l’âge et les erreurs passées l’urgence et le lâcher-prise se soient fait la malle, cela peut se comprendre. Que ce manque laisse la place à une nostalgie de la bonne époque où ils enregistraient dans leur salle de bain si omniprésente qu’elle en devient parodique, c’est déjà plus problématique, surtout quand cela dessert des chansons à la base prometteuses.

Prenez par exemple la fort jolie balade Young, rêveuse et accrocheuse, et essayez de trouver un intérêt à ce solo faussement mal joué qui la fait retomber au ras des pâquerettes. Cela marche aussi avec le boogie psychédélique d’American Sphynx Face qui devient vraiment chiant à force d’entendre la guitare éviter à tout prix de mettre ne serait-ce que deux notes de suite dans les grilles rythmiques et mélodiques. Plus que tout, ce genre de plantage qui constitue la moitié du disque traduit un réel manque d’inspiration.

Pourtant, depuis une prestation live complètement hallucinée et hallucinante à la sortie de Boss, je garde une certaine affection pour le duo et sa perturbée front-woman, sentiment qui m’a fait un peu persévérer. Certes, les choses évoquées précédemment ne passeront jamais, mais d’autres instants nécessitent eux beaucoup plus d’intérêt, comme l’introductif Crebs, fédérateur et enivré, et surtout le superbe Screams Of Birds and Girls, parfait aussi bien dans la construction que dans le texte, naïvement touchant.

Du coup, si vous avez vous aussi quelques bouts de cœurs accrochés à Magik Markers, l’écoute mérite l’effort histoire de célébrer comme il se doit ces quelques instants de magie. Peut être que si vous regrettez les Moldy Peaches ça peut le faire également. Dans tout les cas, il est difficile de croire que le groupe puisse à nouveau retrouver la flamme qui démarquait son univers du reste du monde, et c’est quand même bien dommage.

Artiste : Magik Markers
Release : Surrender To The Fantasy
Date de Sortie : 19/11/2013
Label : Drag City
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