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Outblinker est une découverte faite presque par hasard : abreuvés par une presse musicale qui se contente malheureusement d’encenser constamment les mêmes artistes et par une hype qui ne touche pas les plus petits artisans, il est désormais bien difficile de check les groupes riquiquis sortis sur des micro-structures. Mais voilà qu’une nuit, à la suite d’une soirée bien arrosée (fin 2015 ou début 2016, ma mémoire me fait souvent défaut quand mon esprit est imbibé d’éthanol), je me retrouve chez un copain, et qu’à une heure où les braves gens dorment, il passe un 45 tours. Pink/Blue de Outblinker. Et c’est génial.

L’écoute répétée de ce 45 tours écossais (le groupe est basé à Glasgow), les jours, les semaines suivantes, confirme que le disque est une belle petite tuerie, qui, malgré son mélange de post-rock et de musique électronique et sa saveur krautrock, refuse le mauvais goût à la 65daysofstatic. A la place, on pense davantage à une version plus punchy de Tortoise, à un Bästard en moins dérangé, ou à un El Ten Eleven qui aurait mangé Joy Division (à moins qu’ils les aient déjà bouffés, en fait). En somme, disons-le en peu de mots : d’la balle, en plus produite par Luigi Pasquini (notamment aux consoles sur le dernier Cosmic Dead). Les deux titres de Pink/Blue s’imposaient parmi les plus fascinants de 2015. Et si la suite de cet EP, The Remains Of Walter Peck, sorti en mai dernier, à un peu moins le goût du neuf, on en prend encore plein la gueule.

Outblinker fait donc de nouveau parler la poudre avec trois titres diablement bien foutus, hétérogènes et pourtant complémentaires. Si les premières secondes, avec leurs synthés un poil cheaps, font un peu flipper, on est vite rassurés par une grosse rythmique à la Suicide et par des grosses couches de claviers qui tâchent juste comme il faut. Peut-être que l’absence de Pasquini fait perdre au groupe le côté aliénant de leur musique, mais elle n’en perd rien en profondeur, en densité, en relief. Au contraire, The Remains Of Walter Peck exploite davantage le côté électronique du groupe, surtout avec la seconde piste, « Farrokh Bulsara », à l’introduction très ambient. Bon, on peut aussi supposer que ce léger changement de cap est aussi dû au départ de leur guitariste principal Jason Costello, mais vu que je ne sais pas si il a quitté le groupe avant ou après la composition de ce nouveau format court, je ne me risquerais pas à une supposition un peu boiteuse.

En fait, malgré quelques petites errances sur ces trois longs titres (notamment un troisième morceau un peu décousu, malgré un crescendo assez fascinant à suivre dans ses dernières minutes), on reste charmés par la coloration de ce nouvel EP. Et si le groupe passe près de chez vous, vous devriez songer à aller les voir : il paraît que c’est assez dingue en live.

Artiste : Outblinker

Release : The Remains Of Walter Peck

Label : Stabbed In The Back Records

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