Denver, Colorado. Musicalement jusqu’ici ça m’évoquait plutôt 16 Horsepower, soit la parfaite passerelle entre les musiques modernes et leurs racines américaines. Ceci dit, les conditions de vie ont du sacrément se détériorer ces dernières années pour qu’après Cephalic Carnage, un monstre tel que Primitive Man puisse voir le jour.

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Primitive Man joue du doom, mais heureusement pour tout le monde pas au sens de blagues gothiques plus ou moins drôles et surtout plus ou moins soporifiques. Non, ici c’est le sens premier qui s’applique car oui cher lecteur, Scorn EST l’apocalypse.

Tout commence un dimanche comme un autre, une bonne gueule de bois dans les dents tu sludges peinard avec tes potes sur des covers des Melvins et Khanate. Mais Satan en a marre d’entendre toujours la même chose pour louer son pouvoir, et décide de choisir toi et tes deux potes chevelus pour un petit voyage en enfer à l’aide d’un introductif morceau éponyme long, douloureux, et annonciateur de ta prochaine souffrance. Tu y rencontreras une armée décharnée marchant au pas sur un Rags pas très éloigné du dernier Celtic Frost, puis tu y découvriras la vraie misère humaine à travers des visions dark ambiantes (I Can’t Forget et Black Smoke) complètement claustrophobes.

Là seulement tu pourras retourner au sein du commun des mortels, plus puant et haineux que jamais, pour deux titres finaux la rage aux dents, le riff en avant, et sans aucune pitié pour tes voisins. Tu seras sûrement conspué et mis au cachot, mais tu pourras compter sur une paire de fidèles junkies au demeurant fort sympathiques qui auront eux bien compris avec quel talent toi et tes amis arrivent dorénavant à jongler entre lourdeur étouffante et charges mortelles visant à en découdre une bonne fois pour toute, et ceci tout en maintenant un univers des plus glauques et malsaint à chaque instant.

Cela faisait longtemps qu’un premier album ne m’avait pas autant impressionné et que trois jeunes barbus sortant de nul part avaient réussi à synthétiser tous les courants les plus sombres et violents pour en ressortir une facette originale et unique. Alors certes, rien n’est parfait, quelques longueurs ainsi qu’un chanteur un poil trop rudimentaire et bavard venant entacher un peu le tableau. Mais cela n’est en aucun cas grave au point de vous empêcher d’aller faire un petit tour dans les pires recoins de la nature humaine avec ces trois charmants garçons qu’on ne pourra plus oublier.

Artiste : Primitive Man
Release : Scorn
Date de Sortie : 31/01/2013
Label : Throatruiner Records, Mordgrimm Records
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