Comme son nom ne l’indique pas, notre groupe du jour nous vient d’Allemagne. Une rapide recherche sur l’Internet t’informera qu’il est composé de quatre membres résidant soit à Wiesbaden soit à Leipzig, et que Der Endless Dream est leur quatrième album. Et sinon, niveau musique, c’est quoi Radare ?

 

 

La réponse à cette question peut commencer assez simplement : Radare joue un truc 100% instrumental, quelque part entre le jazz, le post-rock, et le kraut-rock. Ses armes pour cela sont une section basse-batterie minimaliste et lancinante, deux guitares qui jouent au chat à la souris avec un son désertique, et des touches de clavier et de saxophone qui viennent pimenter l’ensemble au moment opportun. Les interventions de ce dernier pourront d’ailleurs te rappeler tes émois de jeunesse sur fond de The Cinematic Orchestra, mais c’est peut être avec celle de leurs compatriotes de Bohren & Der Club Of Gore que la musique de Radare partage le plus de ressemblances, bien qu’elle soit beaucoup moins extrême dans son obsession de la répétition. On retrouve par contre un côté très cinématographique, et cet espèce d’état d’esprit oscillant entre quiétude et nostalgie transpirant de chaque instant.

À l’inverse, Der Endless Dream est loin d’être monolithique, et chaque morceau possède en quelque sorte son style, plus ou moins rock, plus ou moins jazz, selon les titres. Aussi, les climax sont amenés assez finement, et consistent rarement voire jamais en une classique fin post-rock sous forme d’explosion noisy que tu as eu le temps de voir venir quinze fois. Les constructions ont beau être assez simples, on prend un grand plaisir à voir le groupe prendre son temps, poser ses éléments les uns après les autres, puis opérer de jolies variations harmoniques pour faire naviguer son morceau. Le morceau final, Second Son, rassemble toutes ces qualités et est peut être le morceau le plus abouti du disque. Mais beaucoup d’autres choses auront vraiment ravi nos oreilles au cours des écoutes répétées de ce disque ces derniers temps, que ça soit les excellentes interludes Stalked (menaçante) et Der Endless Dream (autant cérémonielle que mystérieuse) rappelant le travail captivant du Norvégien Kreng, ou cet Eternal Love qui siérait parfaitement bien aux voix des chanteurs de Madrugada ou de Timber Timbre.

 

 

À part peut être sur le morceau Room, les Allemands réussissent à proposer sept pièces pour quarante minutes qui évitent toujours la redite et savent envelopper l’auditeur d’une ambiance prenante et fascinante. Et si cela faisait un moment que j’avais une oreille sur ce groupe, cette nouvelle sortie est je pense ce qu’il a fait de mieux pour l’instant tant les mouvements de sa musique sont désormais opérés avec justesse et beauté. Réussir à hypnotiser son auditeur sans l’ennuyer n’est pas donné à tout le monde; il semblerait que Radare ait trouvé la recette, et qu’il ne te reste plus qu’à en profiter. Cool !

 

Artiste : Radare
Release : Der Endless Dream
Date de Sortie : 29/03/2019
Label : Golden Antenna
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