Tu veux du rock classe mais brut, une voix délicieuse teintée d’un soupçon d’accent italien, un album cohérent et potentiellement inusable? GVAC t’offres Solki sur un plateau.

Solki est un groupe italien dont l’existence, jusqu’à l’écoute de ce second album, m’était inconnue. Pourtant, le dossier de presse du groupe m’a appris que je connaissais déjà le groupe via Blue Willa, projet noise pop assez cool de la chanteuse Serena Altavilla et du guitariste Lorenzo Maffucci, un truc ma foi assez réussi et dont l’album éponyme était produit par Carla Bozulich. Et même si Solki se situe très vaguement dans la même veine, je ne peux que constater qu’en quelques années, les musiciens ont atteint une maturité assez impressionnante.

Car cet album sorti de nulle part et qui ne paie pas de mine est probablement l’un des trucs les plus excitants et étonnants qui aient débarqués chez moi cette année. Il ne faudrait pas se laisser faire par sa pochette relativement incompréhensible. Court (une demi-heure), dense, l’album est un bijou de noise pop, ou plutôt, comme le groupe aime à se décrire, de Dream Punk. Une appellation plutôt correcte, étant donné que la musique des italiens se veut effectivement plutôt légère, volante, à l’image d’un « Jealous Girl » adorable, dominé par des cordes parfaitement bien placées. Mais leur musique sait aussi faire parler quelques guitares vaguement bourrins et que les riffs, simples mais efficaces, marchent à chaque fois.

Surtout, c’est le songwriting et la voix de Serena, qui illumine l’album, avec ses refrains irrésistibles (« Peacock Eyes »), ses pop songs parfaites (« In A Bounce ») et sa voix grave, parfois à la limite de la cassure (la puissante « Wriggled Arms »). On pensera donc sur ce Peacock Eyes, à la PJ Harvey pop rock de Stories From The City, Stories From The Sea, pour les mélodies irrésistibles mais aussi pour cette voix si attachante. Et puis on pensera aussi à Pixies, avec cette faculté remarquable à mettre de la pop dans le noise rock, à faire des chansons parfaites malgré un sacré ronronnement de guitares.

 

Bref, ce Peacock Eyes, qui sort le 7 Avril, est l’un des objets musicaux les plus inattendus et réussis de ce début d’année 2017, et avec le retour des beaux jours, il va tourner en boucle chez moi. Parce que le soleil est dans le ciel, et que Solki sait aussi le mettre dans le cœur.