Since their formation in 2006, London-based Teeth Of The Sea have metamorphosized into the most adventurous psychedelic rock outfit in the UK. Taking on board influences like Morricone, Eno, Delia Derbyshire, Goblin, and the Butthole Surfers , they’ve arrived at an incendiary sound that marries the aural enlightenment of an avant-garde sensibility with the reckless abandon of trashy rock & roll. Voilà comment se définissent Teeth Of The Sea sur leur bandcamp.

Paresse de ma part? Un peu sans doute, mais honnêtement, quel serait l’intérêt de paraphraser une description aussi complète? Car mon rapport à Teeth Of The Sea débute avec cet album, tout ce que je sais de leurs albums précédents, c’est que leurs pochettes sont claquées et qu’ils ont la réputation d’être très inégaux. Mais sur les conseils d’un ami, je me suis lancé dans l’écoute de ce Wraith sorti chez les très pointilleux Rocket Recordings, ce qui aura toujours tendance à me convaincre, ayant plus que confiance envers ce label. Alors, ça donne quoi?

 

 

Et bien une autre chose qu’on m’aura dit avant que j’écoute cet album, c’est à quel point la musique que joue Teeth Of The Sea est difficile à définir. Il y a là du drone, de l’ambient, du krautrock, des percussions technos, des passages éthérés et des cuivres jazzys. Pour le coup, j’oserais sortir un mot un peu interdit, parce qu’il désigne aujourd’hui une musique faite de grands espaces et de têtes de cerfs, mais ce serait “post-rock” : car avant de désigner Godspeed et consorts, le post-rock est aussi et surtout une musique libre qui définit des trucs aussi variés que Mogwai et Tortoise.

On pense d’ailleurs parfois à ces derniers sur cet album un peu bordélique, un poil inégal, mais résolument jouissif malgré quelques tics un peu faciles. C’est surtout un album riche et intriguant, qu’il faudra pas mal de temps pour percer à jour mais qui en vaut carrément la peine. “Visitor”, notamment, est probablement, à mes yeux, le moment fort du disque, pas le moment le plus fin mais certainement le plus efficace, avec un break évident et pourtant inattendu, qui me fout une branlée à chaque fois, même si l’album dans son ensemble est divisé entre grosse poutres façon « Visitor » et passages plus atmosphériques, « Her Wraith » en tête.

 

 

Mais surtout, ça peut apparaître comme une comparaison curieuse, mais si je devais comparer Wraith à un autre album, ce serait… Kid A de Radiohead. Et ce n’est pas un reproche du tout, vu que c’est mon album préféré de la bande à Thom Yorke. Je retrouve donc dans ce Teeth Of The Sea une volonté de liberté totale et de “lâchage” des vannes, quitte parfois à ce que ce soit un peu le bordel. Je retrouve aussi la volonté de marier des choses aussi variées que le jazz, la techno, la musique contemporaine et le rock, comme si Aphex Twin rencontrait Nils Petter Molvaer. Un drôle de mélange, mais crois moi, c’est un mélange qui marche.

Wraith est sorti le 22 février sur Rocket Recordings.