There Will Be No Peace. Un nom très 2017-like, non?

Il est un peu difficile de décrire largement le CV de The Angelus. Car les trois musiciens qui composent le groupe ne se consacrent à aucune autre formation, bien que les messieurs soient actifs depuis de nombreuses années et soient les copains de pas mal d’autres groupes du même genre. Ce genre, on aura un peu de mal à le définir : post-rock? Trop associé au délire ballades dans les bois et violons qui chialent. Folk-rock? C’est un peu plus violent que ce terme qui peut appeler quelque chose d’assez contenu. Alors ouvrons sur les néologismes, en affirmant qu’on a ici une sorte de folk-doom puissante et évocatrice, aux compositions très denses et au son généralement assez massif.

Mais les adjectifs pompeux et les néologismes musicaux doivent être mis de côté : le groupe n’est pas de ce bord-là. Il y a dans cet album de la passion, une volonté d’exprimer quelque chose à travers un disque complet et puissant. Et si la volonté de faire un album sans temps mort, ou tous les morceaux se suivent, fait qu’il est aux premières écoutes un peu compliqué de dégager des choses mémorables de ce disque, il faut applaudir la cohérence extrême de ce nouveau The Angelus, de sa pochette finalement assez attachante à ses paroles évocatrices, voir parfois un tout petit peu teintées d’ésotérisme (« The Other Side of the Mountain » notamment).

Quand aux compositions en elles-même, il faut avoir le goût de la puissance et des apparences austères. Si la formule est finalement assez en retenue et classique (un power trio basse/guitare/batterie, quoi), le groupe a visiblement le goût de la musique chargée, voir un tout petit peu maniérée. Mais heureusement, même l’épique ne tombe jamais ici dans le trop-plein et le ridicule. Ce There Will Be No Peace en fait beaucoup, mais le chant passionné et grave de Emil Rapstine, la production massive et efficace de Alex Bhore (un ancien de This Will Destroy You), font que jamais, on ne tombe dans le vulgaire. Et finalement, on se laisse carrément aller à ces riffs lourds et noirs, à cette ambiance de sorcellerie, à ces morceaux massifs mais jamais too much.

Un album finalement dans la continuité des derniers travaux d’un autre groupe, le Sad Bastard Book Club, dont le dernier EP est plutôt réussi, et qui sont des amis de The Angelus. Ce sont d’ailleurs eux les premiers qui m’auront fait connaître les seconds. On leur sera donc largement reconnaissants de ce copinage fortuit, qui confirme la qualité de mon année musicale 2017.