Credits :
Bass Guitar : Submerged & Tony Maimore (Pere Ubu, Battle of Mice,…).
Drums : Enduser, Submerged & Balazs Pandi (Merzbow, Venetian Snares, …).
Guitar : Joel Hamilton (Battle of Mice), Gregor Filip (Gator Bait Ten) & Justin K. Broadrick (Godflesh, Jesu, …).
Vocals : Dr. Israel (Method Of Defiance).

 

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En 2010, l’arrivée du supergroupe Blood Of Heroes avait fasciné par la teneur du mélange proposé, en gros Drum & Bass Vs. Post-rock Vs Ragga, mélange se révélant au final encore peu mature. En cette fin d’année, dans une indifférence plus ou moins généralisée et sans Bill Laswell, le projet radicalise son propos, se crée j’en suis sûr encore plus d’ennemis, mais sort enfin un disque à la hauteur de son line-up.

Une réussite à poser de prime abord sur les épaules de Broadrick qui, depuis le retour finalement salvateur de Godflesh, a retrouvé le goût pour les riffs mécaniques acérés rebondissant cette fois à la perfection sur les beats fracassés d’Enduser et Submerged. Sieur Justin a enfin trouvé le son et la dynamique servant l’intention du projet, là où auparavant il s’empâtait sur des riffs sans groove.

Point épineux du premier opus suivant, j’ai nommé Dr. Israel et ses toasts tout droit sortis d’un sound system de Kingston. Pour être franc, le mec pourrissait le premier album de ses interventions peu inspirées et surtout complètement hors propos. Ici, il est présent sur plus ou moins tous les titres, ce qui effraye au début mais finira par apporter tout le liant nécessaire au disque. De plus, tout comme Broadrick, Israel semble enfin avoir trouvé sa place, ce qui se traduit chez lui par beaucoup plus de libertés, n’hésitant pas à virer avec grand talent dans un flow complètement hip-hop voire rnb (The Last Forest dont on reparlera, ou Dogtown rappelant l’autre tuerie hip-hop transgenre de l’année Number Not Names).

Grâce en partie à tout cela, et si l’on enlève un ou deux titres faiblards de la fin de l’album retombant dans les même travers que la dernière fois, la musique de Blood of Heroes, autrefois maladroite, s’affirme enfin. Elle s’enfonce alors tête baissée dans les ténèbres post-apocalyptiques sans oublier, une fois après avoir dressée les grandes lignes de son monde, d’en écrire ses propres tubes : Everything Undone et surtout The Last Forest. Sur ces deux plages faisant au passage fuir toute personne n’acceptant pas de trouver des bons côtés à Kanye West ou Jay-Z, les mélodies et timbres vocaux presque mainstreams, mais gages d’une efficacité hors-paire, virevoltent sur la boucherie instrumentale, allant droit au but pour un résultat s’approchant plus ou moins du tube parfait tel qu’on pourrait le concevoir en 2012.

A l’image des deux performances personnelles évoquées précédemment, l’ensemble franchit donc le pas dont on rêvait à la sortie du premier album, se construisant un univers qui lui est propre, synthèse de ceux des instigateurs du projet et de leurs invités (l’énorme partie de batterie live de Balazs Pandi sur Towers arise underground ou l’égorgement de Tompa sur le bien nommé Hecatomb) tout en laissant percevoir les brillants chemins que pourraient prendre un hypothétique troisième album.

Artiste : The Blood Of Heroes
Release : The Waking Nightmare
Date de Sortie : 04/12/2012
Label : Ohm Resistance
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