Quitte à revenir dans le bain des chroniques après un peu d’absence, autant le faire en parlant d’un album résolument stylé, j’ai nommé Gravedigging des Buttertones. Ce nom de groupe, bordel.

The Buttertones, qu’est-ce? Une formation curieuse, dont le dernier album, Gravedigging, est sorti en début d’année. Rien d’incroyable dans leur CV : une bande de « potes de bars » (c’est le terme employé) de la vallée d’Hollywood, qui décident en 2011 de former un groupe, puis suivent un premier album chouette, et un second, enregistré en 2016 pour une sortie chez Innovative Leisure. Et si ce dernier-né a été plutôt bien accueilli outre-atlantique, c’est l’indifférence qui l’attendait sur le vieux continent. Un bien triste destin, car ce nouveau disque est un des albums les plus fiévreux que j’ai écouté depuis quelques temps, et il contient quelques-unes des chansons les plus folles que j’ai entendu cette année.

Pour décrire la musique des Buttertones, le name-dropping est sans doute une bonne solution : Quelque part entre les obsessions blues démoniaques de Nick Cave et Jeffrey Lee Pierce, entre Hanni El Khatib et les Beach Boys. Attention cependant, sur un malentendu, on pourrait croire que je décris un machin daubé façon Fat White Family ou autres groupe à l’attitude comme au son détestable. Des mots pour les décrire, alors? Du punk de branleur mêlé à des influences martiales et violentes, des mélodies irrésistibles, des cuivres hystériques. C’est puissamment ringard (« I Ran Away »), bourrin (« A Tear For Rosie »). Bref, c’est un album résolument cathartique et agréablement prenant, où l’on retrouve de véritables tubes punks et pops comme des envolées post-punks/rockab’ hallucinantes de puissance.

Surtout, Gravedigging fait partie de ces albums curieux dont on retient absolument tous les titres (ou presque, il y a bien cet instrumental vaguement relou au milieu de l’album, mais qu’importe) au bout de quelques écoutes, tant on a ici des mélodies qui arrachent la gueule. Tant de refrains irrésistibles, de riffs qui tâchent, de moments impressionnants ou le saxo se laisse complètement aller à des folies… Alors bien sûr, il faut être amateur de ce chaos rockab’ / country et de l’ambiance très désinvolte que dégage l’album, mais je suis le premier à bailler devant le Gun Club alors que cet album me fait vibrer de tout mon être. Allez savoir…