P C H E W is pronounced as a laser shot.

 

Avec des groupes comme Raketkanon, Billions Of Comrades ou Adolina, la Belgique nous montre d’année en année son amour pour l’alliance entre math-rock et mélodies/formats pop, le tout souvent saupoudré d’un peu d’électronique. En quelque sorte, le plat pays est en train de se constituer un front assez solide pour tenir tête à nos armes à nous, genre Papier Tigre, La Terre Tremble !!! ou Mnemotechnic. Il peut également compter désormais sur un atout de plus en la présence des cinq gars d’Hasselt prénommés The Guru Guru et de leur premier long format imparable.

 

Après quelques choeurs en guise d’intro faisant plus penser à Temples qu’à The Dismemberment Plan, P C H E W dévoile (ou plutôt exhibe, tant les gaillards ne sont pas vraiment là pour faire dans la retenue) en quelques plans un large panel d’atouts qui ne feront que se confirmer au fur et à mesure des chansons. Je n’ai d’ailleurs pas cité la bande de Travis Morrison (Dismemberment Plan, pour les gars du fond de la classe) par hasard, car nous assistons d’emblée à une sacré joute entre des accouplements de guitares joueuses, une rythmique hachée et un chant frondeur. L’ensemble est parfaitement en place et s’amuse avec tes nerfs en inversant plusieurs fois la vapeur dans chaque morceau afin de finir toujours plus haut.

Entre complexité math-rock et savoir faire mélodique, je t’avoue retrouver alors tout ce qui me plaisait dans l’indie rock américain fin 90’s / première moitié des années 2000 quand il était pratiqué par les diverses formations des frères Kinsella (Joan Of Arc, American Footbal, Cap’n Jazz,…) et des groupes comme 31Knots, Pinback ou So Many Dynamos. Tu remarqueras avec justesse un surplus de name dropping de ma part dans cette chronique, car il est vrai que l’on pense à énormément de choses à l’écoute de The Guru Guru. Je cherche cependant par là à associer nos Belges du jour à la classe rare des groupes réussissant à proposer quelque chose d’efficace voire de tubesque tout en questionnant sans cesse le format pop et les formules éculées. Les plus de huit minutes du final The Sun Is Number One en sont un parfait exemple : après une première partie oscillant entre couplets math-pop et refrains hédonistes, le groupe s’en va emprunter de longs chemins escarpés qui font grimper l’intensité à son maximum avant de revenir, fier, sur un final vainqueur.

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De surcroît, on notera également que bien que le groupe soit souvent pied au plancher, il prend également le temps de calmer le jeu (Back Door, Singultus) et de varier ses artifices (merci le chanteur protéiforme et inspiré) pour ne jamais lasser. Les dix titres de l’album s’enchaînent alors en apportant à chaque fois une petite pierre de plus à un édifice qui se retrouve alors avoir une sacrée gueule. On pourra se demander si celui-ci subira l’épreuve du temps, mais on peut dorénavant vous assurer que pour le moment il sera assez solide pour faire traverser au groupe ses petites frontières et lui permettre de surgir avec majesté de l’océan internet en direction de ta cave ou de ta SMAC préférée.

Artiste : The Guru Guru
Release : P C H E W
Date de Sortie : 27/03/2017
Labels : Ampersand Music, A Tant Rêver du Roi
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