Au début de l’année, le groupe The Oscillation se réinventait complétement avec un album hallucinant, U.E.F, où un Demian Castellanos presque seul plongeait dans un délire krautrock technoïde, hypnotisant et hallucinant. A mi-chemin entre 10000 Russos et Plastikman, ce disque marquait une rupture avec le reste déjà plutôt varié de la discographie du groupe (habituellement composé de Castellanos donc, mais aussi de Valentina Magaletti et de Tom Relleen qui forment ensemble les très recommandables Tomaga), entre psychédélisme, post-punk et space rock. Et là, surprise : moins d’un an plus tard, revoilà The Oscillation avec un nouvel album appelé Wasted Space.

Et de loin, ce Wasted Space ressemble à un retour “à la normale” avec 6 morceaux plus ou moins longs contre les deux longues plages de U.E.F, et des guitares bien corsées sur un rythme répétitif pour l’ouverture, le bourrin “Entity”. Et pourtant ce Wasted Space n’est ni proche d’un disque comme Veils, ni franchement indissociable de la folie sortie six mois plus tôt. Psychédélique, spatial, technoïde, Wasted Space est un peu tout ça à la fois, mais on est encore et toujours sur une sensibilité krautrock. Et si il y a un truc qui ressort complétement sur cet album, c’est, pour moi, les guitares : blindées de pédales (la wah-wah de “Drop”!), martyrisées, mouvantes, elles envahissent l’album et le remplissent avec un groove phénoménal. En bonus, le retour (supposé, les crédits chinés ça et là indiquant que l’album est entièrement réalisé par Castellanos) d’une session rythmique apporte à l’ensemble un sacré punch.

 

 

Alors, les tracks s’enchainent et ne se ressemblent pas trop. Elles parviennent à surprendre même après de nombreuses écoutes, avec leurs emballements psychoïdes à la Lumerians et leurs changements de rythmes brutaux, tout en conservant l’ambiance si lourde et éreintante, mais jamais étouffante, qui faisait la qualité de leurs précédentes productions. Pourtant, et bien qu’on reste dans du travail de qualité supérieure, je soutiens que l’ensemble gagnerait à être un peu plus concis, avec plus de morceaux peut-être, comme sur tous les albums du groupe. En fait, si Wasted Space est effectivement un album très réussi, il reste franchement en retrait de ce sacré U.E.F, qui réussissait avec bien moins de choses à me plonger encore plus dans une trance alarmante.

Enfin, soyons clairs, bien sûr que cet album est excellent et mérite d’être écouté, et bien sur que The Oscillation est un groupe de qualité qui arrive à se renouveler tout en gardant sa substantifique moelle. Et c’est déjà super chouette, nan?