Enfin du bon rock de Nashville qui n’a rien à voir avec du garage/blues moche ou Third Man Records, putain.

Que dire sur The Paperhead? J’admets moi-même avoir bien du mal à savoir ce que je pourrais balancer sur le groupe ricain, mon rapport avec eux se limitant au très joli Africa Avenue, écouté il y a des lustres. Disons simplement que le groupe est un trio venu tout droit de Nashville, qui joue une pop psychédélique terriblement attachante, avec des compos bien branlées et des refrains qui claquent. Bref, encore une formation indie rock qui mériterait mieux que d’être simplement noyée dans un tsunami de trucs chiants. Bah oui, dur d’exister quand on vient de la même ville que le label de Jack White et qu’on joue vaguement sur le même terrain que Mac DeMarco.

Leur dernier-né, Chew, ne devrait pas être limité à sa pochette hideuse. Que des bonnes choses dans ce disque sorti sur Trouble In Mind : des pop songs adorables, de la reverb, un songwriting parfois un poil niaiseux mais toujours au top. Bref, un trio qui ne paie pas de mine mais qui frappe là ou ça fait du bien, à chaque chanson (sérieux, « Little Lou », c’est pas la pop song dont tout le monde rêve?!). Surtout, l’album dégage non seulement une cohérence terrible, mais il a quelque chose d’attachant, de touchant, quelque chose de très personnel.

The Paperhead est un groupe avec une identité, un groupe qui dégueule ses influences de chansons en chansons (on pense aux Beatles, à M. Ward, au Pink Floyd de Syd Barrett) mais qui reste singulier, entre des morceaux qui auraient pu être des tubes en 1965 (« The True Poet » et surtout la magnifique « Dama De Lavenda »), des ballades folk psychédéliques sans être psych folk (« Fairy Tales »), des jams tout barrés (« Love You To Death ») et même de drôles d’envolées country-rocks qui sonnent pourtant parfaitement bien.

Alors, c’est tout? Oui, car il y a des albums qui ne demandent rien de plus qu’être conseillés, vaguement décris, et écoutés. The Paperhead fait clairement partie de ceux-là : c’est un simple disque de folk-rock psychédélique sans prétention, mais visiblement fait par des gens bourrés de talent.