Blindés d’influences diverses & variées, les français de The Random Monsters n’ont pas la prétention de réinventer la poudre. Et ça n’a pas grande importance.

Si tu nous lis, tu sauras qu’on fait partie de ces gens qui pensent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du post-rock. Riffs trop référencés, compositions rudement chiantes, concepts snobs au possible, on en passe. Pourtant, chez GVAC, je dois bien avouer que le post-rock reste pour moi un véritable refuge, un genre qui, même dans ses tics les plus agaçants, peut franchement me toucher. En témoigne mon avis sur le dernier Oiseaux-Tempête par exemple, accueilli plus froidement par mes deux camarades.

Pour autant, je pense pouvoir affirmer que le dernier album des français (cocorico!) de The Random Monsters, si il rentre carrément dans la case post-rock (comprendre : longs morceaux plus ou moins rythmés et riffs typiques du genre), reste un album tout à fait recommandable, et de mon humble avis, c’est même une petite poutre. Ce Going Home, qui réunit des influences variées (on peut y trouver du post-rock franquais comme du noise rock 90’s), est un pavé d’un peu plus de trois quarts d’heure pour 5 morceaux, dont quatre au moins tabassent. Car je suis un peu moins convaincu par la plus longue des pièces du disque, un « No Church » sans doute un poil trop long et un peu prévisible, même si il est globalement plutôt bien foutu. Et la qualité des instrumentaux du premier album me rassure quand au talent de The Random Monsters pour créer des paysages sonores cohérents, on est juste, ici, un tout petit peu en dessous de d’habitude.

Mais c’est surtout dans les morceaux vocaux que les Random Monsters montrent à quel point ils sont capables de composer des titres absolument maousses, qui savent parfaitement monter en puissance et dont les explosions sont sacrément prenantes. Surtout, le groupe se révèle lorsque les vocalistes sont de la partie, avec un Bodie qui sait parfaitement poser l’ambiance du premier morceau et un Bastien B au chant toujours aussi impeccable (ce « Up In The Sky » et ce « Harrison » habités…), se surpassant sans doute par rapport au premier album. Mais surtout, la grosse branlée de l’album, c’est le gueulard « Because Looking Back Doesn’t Mean I Can Feel Safer », ou le groupe, accompagné par Alex Diaz des recommandables The Prestige, se lâche dans un gros délire post-hardcore de 9 minutes. Le texte, le chant pété de Garcia, les six-cordes qui grognent, la progression lente et bordélique à la fois, tout est réunit pour former une authentique tuerie.

Alors voilà, cinq ans après un premier album déjà plutôt sympa et un an après leur dernier EP, les Random Monsters sont un groupe qui a bien évolué, pour le meilleur. Ce nouvel album, on se comprend, ne va clairement pas réinventer l’eau tiède, mais il contient clairement des morceaux complètement fous et fiévreux. Et c’est déjà très bien.