On continue le défrichage 2017 avec un petit disque de rock turbulent, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est confidentiel, mais que cela n’empêche pas d’être un des premiers LP à retenir de cette année résolument post-truth.

Les 4 petits gars de The West Windows nous viennent de Dallas, un univers qu’on imagine impitoyable pour un honnête groupe d’indie/noise-rock en 2017. Talk Dark n’en reste pas moins un effort d’une simplicité et d’un qualité remarquables, avec un double intérêt : des parties instrumentales finement ciselées, à la fois noisy et extrêmement bien construites (pense Drive Like Jehu ou le Fugazi dernière époque, ce genre de grands architectes noise-rock – « rock’n roll for sophisticates », comme ils disent) et un chant de grande classe aux intonations cold-wave/post-punk, qui a le mérite de changer des élucubrations d’ivrogne typiques du noise-rock sans pour autant verser dans la minauderie.

L’énigme, par contre, ça reste la très faible présence du groupe sur les Internets, et subséquemment le peu d’informations disponibles sur ces gaziers. Il semble que ce disque soit leur second, qu’il soit auto-produit, et que ces messieurs soient de piètres communicants dépourvus de la moindre ambition en matière de disques d’or et de placement de chansons dans des publicités pour SUV coréens. Désolé donc, mais je ne pourrai pas te dire s’ils font ou ont fait partie d’autres groupes fantastiques, ce qu’ils pensent de l’élection de Trump ni leur plus incroyable anecdote de tournée. Contente-toi donc de t’enfiler fissa ce Talk Dark de très haute tenue, au lieu de poser des questions sans réponses.