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Avec des groupes tels que Sebadoh, Guided By Voices, Pavement, la scène indé américaine s’est réappropriée au cours des années 90 le discours musical et l’attitude punk. On revendique toujours de n’avoir rien à faire de ses journées et de plus ou moins jouer comme des pieds mais l’engagement politique direct (à part quand on est une meuf’ et qu’on joue dans Bikini Kill ou les L7) est remplacé par un discours plus auto-centré. Certains le regretteront, moi ça dépend des jours, mais l’intime authenticité qui découle de cette démarche a également permis l’éclosion d’un bon nombre de perles inoubliables. En 2014 l’engagement politique n’est toujours pas ce à quoi on pense en premier quand on pense groupes de rock, mais ces derniers continuent d’aimer les bonnes chansons en se faisant chier dans leurs banlieues, alors c’est cool. Mattooh t’a parlé dernièrement des excellents Weed et du décevant dernier album de Cloud Nothings, à mon tour de m’y coller avec Together PANGEA.

Ma piètre introduction (crois moi : écrire une chronique est encore plus chiant que de la lire, alors on s’amuse comme on peut) aura au moins eu le mérite de te faire comprendre facilement la musique pratiquée par ces quatre plus ou moins beaux gosses de Los Angeles. Ce que tu auras plus de mal à comprendre c’est pourquoi on essaye de nous vendre les faiblards Fidlar et Bass Drum Of Death mais que Together PANGEA, ben tu connais pas ? De réponse tu n’auras pas dans ces lignes, mais une certaine admiration pour ce Badillac tu trouveras.

Car tantôt brulantes (Alive, Make Myself True), tantôt très malignement pompées aux Ramones (River), tantôt nostalgiques (Offer), la plupart des chansons qui composent ce second album des californiens fait preuve d’un sens de l’écriture hors norme. Et si d’abord à sa sortie en début d’année j’ai pu croire à de la poudre aux yeux éphémère, force est de constater que si je t’en parle aujourd’hui c’est que j’ai toujours du mal à m’en défaire. Et quand une chanson comme Cat Man te fait perdre la foi car poussive comme du Fidlar, voilà qu’on nous sort un truc aussi simple et efficace que Why. Là, en deux minutes et vingt sept secondes tu touches les étoiles en te prenant à vouloir courir tout nu pour reconquérir les personnes qui t’ont un jour fait croire en l’amour. Je te déconseille la mise en pratique, mais toi même tu sais, ce genre de sentiment ça fait du bien et c’est ça qui surclasse l’album : on a tous envie de crier quand ça crie, et tous envie de pleurer quand ça pleure.

De toutes les références que j’ai pu citer ici et là, au final c’est à l’excellent The Body, The Blood, and The Machine des maintenant un peu trop vieux The Thermals que je pense le plus souvent à l’écoute de ce Badillac, les textes acides gorgés d’humour noir en moins. Car ce que j’aime le plus dans ce genre de disque c’est que malgré la simplicité apparente, on ne te prend pas pour la moitié d’un con en te resservant la même formule à chaque chanson. Alors certes, les quelques balades emmerderont certains alors que les chansons les plus enlevées brusqueront un peu trop à leurs goûts les autres. Mais le lecteur bien sous tous rapports musicaux qui sommeille en toi appréciera à sa juste valeur cette sacrée belle palette de tubes.

Artiste : Together PANGEA
Release : Badillac
Date de Sortie : 21/01/2014
Label : Harvest, Burger Records
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