J’avais quitté les branleurs de Together PANGEA en 2014 avec Badillac – ou plutôt, en fait, je ne les ai jamais quittés : Badillac, de façon assez surprenante, a continué, semaines après semaines, mois après mois, années après années, à m’en foutre plein la tronche. Pas étonnant qu’il ait fait la joie du camarade Somath, visible dans sa chronique du bouzin. Et voilà qu’après des années de silence discographique, la formation californienne ressort un nouvel album, Bulls and Roosters, annoncé par une poignée de singles terriblement bons.

Attention, cependant : ne te fie pas aux tags de cette chronique, qui annoncent garage rock, punk et autres pop, ni aux influences du groupe (qui incluent Fidlar ou encore White Fang). Les gusses sont loin de ressembler à des trucs qui sortent sur Castle Face ou aux albums récents sortis sur Drag City Records : ces branleurs sont plus proches des débuts de Ty Segall, des Ramones ou encore de tout ce qui s’est fait de mieux dans l’insouciance 90’s. Bref, ce nouvel album, comme le précédent, est blindé de pop songs incroyables, qui s’enchaînent sans jamais donner l’impression que les gars y mettent le moindre effort. Du vrai rock’n’roll sans les clichés et l’ennui. Bulls and Roosters est un disque qui sent la crème solaire, le barbecue, le surf et la bière tiède, on s’y ennuie rarement pour la simple et bonne raison que presque tout bute.

Tu penses que j’en fait trop? Point du tout. Jettes donc une oreille à une tuerie intégrale comme « Money On It », son tempo un peu ralenti, sa basse groovy. Regarde « Is It Real », chanson la plus longe du disque, joyau pop à la Pavement. Regarde « Stare at the sun » ou « Gold Moon » et leurs refrains absolument monstrueux, qui passent aussi bien dans une vidéo de skate que dans ton salon, casque audio vissé sur la tronche. Regarde tout ce damné album, merde! Bien sûr que c’est naïf et que ça dégueule d’influences diverses et variées, bien sûr que ce que fait Together PANGEA ça ressemble à tout sauf à quoi que se soit de neuf, mais voilà : c’est bien branlé. Tout ce pavé est bien foutu de A à Z, avec une envie et une rage palpables et presque cathartiques.

Bon, si il y avait vraiment quelque chose à reprocher à l’album, même si ce n’est pas franchement gênant, c’est ce que je reproche à beaucoup de formations du même genre : pourquoi diable rajouter, comme ça, sans raisons, sur une poignée de morceaux, de la réverb’ à plus savoir quoi en foutre et des claviers qui bavent à mort? Alors rassures-toi, on est pas comme sur le dernier Wand qui se vautre dans des trucs presque inécoutables tant il ne prend pas le temps de balancer de pures coups de fouets punks/pop/garage. Mais voilà, sans jamais vouloir faire le puriste ou le relou, je ne peux que regretter cette ambiance synthétique qui empoisonne quelques titres franchement pas mal foutus du tout (« Peach Mirror » en particulier).

Alors, que reste-t-il de Bulls and Roosters? Toute la question, à laquelle je ne saurais vraiment répondre que dans pas mal de temps, est de savoir si cet album aura le même succès que son illustre prédécesseur, curieusement rentré dans mon panthéon personnel. Et j’y crois. Je crois à la puissance éternelle des chansons de Together PANGEA parce que je crois que tout au fond, cet album, malgré ses évidents défauts, possède quelque chose que tous les autres groupes de San Francisco / L.A n’ont pas : une délicieuse insouciance, un incroyable sens de la mélodie, l’impression que cet album à été fait pour foutre du love dans le cœur des fragiles comme moi. Nothing makes me feel this good (« Friend Of Nothing »).

Par contre, cette pochette, sérieusement?